Incertain climat
À la faculté d’agronomie de Gembloux
C’est la plus ancienne faculté d’agronomie du pays. Son défi est immense : contribuer à produire une nourriture durable dans un climat détraqué. Sans se faire reléguer par la concurrence. Pour s’y coller, une nouvelle doyenne vient d’arriver… Mais elle devra d’abord rafraîchir le climat interne de l’université.
Le 15 mai 2025, la faculté de Gembloux Agro-Bio-Tech a élu une nouvelle doyenne, qui semble aimer les rébus. « Mare. Riz. L’or. Faucon. Nez », devine-t-on sur une pancarte collée à la porte de son bureau, un parallélépipède en préfabriqué planqué à l’arrière du campus. Marie-Laure Fauconnier, donc. Ingénieure chimiste formée sur place, dont les recherches la mènent depuis 1992 sur les sentiers des arômes naturels ou des huiles essentielles comme biopesticides. Elle a gravi tous les échelons de l’exigeant pèlerinage académique jusqu’à devenir professeure ordinaire et directrice du laboratoire de Chimie des molécules naturelles. « J’ai senti que c’était le bon moment pour me mettre au service de ma faculté », démarre-t-elle.
Même s’il ne faut pas se déclarer candidat dans le système d’élections des doyens à l’ULiège, dont Gembloux est l’une des onze facultés (le conseil de faculté peut élire n’importe quel professeur ordinaire qui rentre dans les conditions), Marie-Laure Fauconnier a décidé de « faire campagne ». Elle s’est adjoint une équipe : deux candidats vice-doyens, Jérôme Bindelle, pour la recherche, et Pierre Delaplace à l’enseignement.
Ils ont consulté étudiants et personnel et accouché d’un préprogramme où l’on sent bien que la plus ancienne faculté d’agronomie et d’ingénierie biologique du pays (fondée en 1860) est à un tournant. Dans le bureau de Marie-Laure Fauconnier, la clim’ tourne à fond, dehors, c’est la canicule de début juillet, comme un rappel qu’à l’heure de la crise climatique, la société attend que les facultés d’agronomie jouent un rôle clé …