8min

Dans le vortex de Vertex

Mucoviscidose : un traitement au prix délirant

Vendu à un prix démentiel par rapport à son coût de production, le Kaftrio, remède miracle contre la mucoviscidose, prend en otage notre sécurité sociale et des milliers de malades. Plongée (jusqu’à l’asphyxie) dans le business des maladies rares et de la philanthropie… spéculative.

Kaftrio-Esquisses
Camille Potte. CC BY-NC-ND

Zéro scrupule ? « Lorsque le laboratoire américain Vertex a sorti le Kalydeco, son premier médicament contre la mucoviscidose, confie un grand pneumologue belge, j’ai reçu la visite d’une lobbyiste mandatée par ce laboratoire. Elle m’a présenté le top 10 des médications orphelines les plus chères en Belgique… et m’a demandé comment je pouvais l’aider pour que le Kalydeco y figure ! D’une voix blanche, je lui ai alors posé cette question : savez-vous comment on meurt de cette maladie ? » Son mutisme n’y changera rien. En un an, cette thérapie se hissera à la huitième place de ce palmarès.

La mucoviscidose est la maladie génétique grave la plus répandue en Occident. C’est la destruction progressive – et presque toujours fatale – des poumons. Et si le taux de mortalité a chuté depuis les années 60 – époque où la moitié des malades de moins de cinq ans trépassaient –, c’est au prix d’une prise en charge très incapacitante. Soit deux heures quotidiennes de soins, le traitement symptomatique le plus lourd au monde pour une maladie chronique. « Le Kalydeco faisait déjà gagner 15 ans aux patients, poursuit le spécialiste. Sous réserve de sa tolérance à long terme, le Kaftrio est encore plus révolutionnaire. Il leur octroie une espérance de vie proche de la normale et réduit de 90 % les indications de greffes pulmonaires à court terme. Des patients qui ont expectoré presque toute leur vie cessent de tousser en quelques jours ! »

Si cette trithérapie n’est pas curative, son efficacité …

Lire, en toute liberté

Cet article semble vous intéresser. Vous pouvez lire la suite à votre aise : c’est un cadeau. Nos contenus doivent être accessibles au plus grand nombre. La période d’essai d’un mois, gratuite et sans engagement, est également faite pour cela. Cependant, nous avons besoin d’être financés pour continuer notre projet. Si vous trouvez notre travail important, n’hésitez pas : abonnez-vous à Médor.

Un journalisme exigeant peut améliorer notre société. Voulez‑vous rejoindre notre projet ?

La communauté Médor, c’est déjà 3588 abonnés et 1918 coopérateurs

Médor ne vous traque pas à travers ses cookies. Il n’en utilise que 3 maximum pour la sécurité et la navigation.
En savoir plus