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Ampoule, ma poule

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Doriane Timmermans. CC0.

Quand les insectes tombent amoureux des lampadaires, ça termine généralement en grillade. Et ce n’est pas anodin. Accouplements manqués et désir perturbé : c’est tout notre écosystème qui se brûle les ailes sur l’éclairage excessif.

La brassicaire ou noctuelle du chou est un papillon de nuit, répandu dans une grande partie de l’Europe. Un soir de mai ou de juin, au crépuscule, la femelle adulte s’active. Elle n’a pas toute la nuit pour conclure. Elle oriente ses antennes vers l’avant, bat des ailes et balance sa chimie, ses phéromones. Il est environ 22 heures. Un mâle fait le même petit numéro, antennes vers l’avant et battements d’ailes. Il repère le parfum de la femelle, effleure son corps de ses antennes et l’accouplement commence, dans l’obscurité. Ce couple d’une nuit passe quelques heures ensemble, une aile de la femelle entourant le corps du mâle. Puis elle s’envole pour aller pondre ses œufs fécondés.

Cette scène torride est racontée par le zoologue suédois Johan Eklöf, dans « Osons la nuit : manifeste contre la pollution lumineuse ». Pourquoi un tel intérêt, de la part de ce spécialiste des chauves-souris, pour un vulgaire papillon brun moucheté dont les chenilles dévorent les feuilles de nos potagers ? Parce qu’il s’agit d’une espèce d’insecte pour laquelle on a pu établir un lien direct entre la lumière artificielle et des accouplements ratés. En laboratoire, à proximité d’une source lumineuse, la femelle produit moins de phéromones, qui n’ont pas le même parfum que dans l’obscurité. Elle attend alors en vain le mâle, qui ne la capte pas. Et quand des larves naissent malgré tout, sous l’influence de la lumière, elles se transforment trop vite en papillons. Ceux-ci risquent d’éclore en automne ou en hiver, alors qu’il …

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