9min

Le label qui s’emballe

Nutri-Score

nutriscore.jpg
Marie Luce Schaller. Tous droits réservés.

A pour les mangues « prêtes à manger », B pour le fromage frais au spéculoos, C pour les crevettes décortiquées, D pour le parmesan en sachet et E pour les sodas. Le Nutri-Score, censé nous aider à gagner des points de santé, déboussole les clients des supermarchés. Mais ce système de classement nutritionnel a de solides bases scientifiques, et aussi des biais qu’il vaut mieux connaître. Car il pourrait bientôt être imposé dans toute l’Europe.

– « Hello les motivés du mieux. »

– Salut, le Delhaize.

La chaîne de supermarchés met le paquet marketing sur la santé, celle du corps, de l’esprit et de la planète, dans l’espoir de créer une « génération du mieux ». Derrière son caddy, la meilleure version de vous-même est donc invitée à scruter la valeur nutritionnelle des aliments. Pour vous aider, il existe un moyen bête comme chou : le Nutri-Score, affiché de manière volontaire, par certaines marques, sur les emballages. Le chou, justement, a un Nutri-Score A (vert foncé). Il est bon pour la santé et ne contient ni sel, ni graisse, ni sucre. Les Twix ou les Oreo, à l’inverse, en sont bourrés. Ils affichent dès lors un Nutri-Score E (le pire du pire). C’est simple. L’eau de Spa = A (vert foncé) ; boisson Delhaize bio à l’avoine = B (vert clair) ; Fanta orange = E (rouge).Vos enfants pleurent pour des frites, alors que vous aviez pensé leur concocter une petite salade méditerranéenne avec des légumes vapeur, de la bonne huile d’olive, deux anchois et trois câpres ? Les Nutri-Score sous le nez, ils seront bien obligés de se rallier à vos repas d’un monde meilleur, pensez-vous. Mais c’est la stupeur au rayon surgelés : toutes les frites présentent un Nutri-Score A.

À l’autre bout du spectre alimentaire, l’huile d’olive et les câpres montent maximum à C. Les anchois à D. Votre projet de salade est donc une apocalypse nutritive. À la rigueur, il vaudrait mieux lui préférer une barquette de carbonnades …

Lire, en toute liberté

Cet article semble vous intéresser. Vous pouvez lire la suite à votre aise : c’est un cadeau. Nos contenus doivent être accessibles au plus grand nombre. La période d’essai d’un mois, gratuite et sans engagement, est également faite pour cela. Cependant, nous avons besoin d’être financés pour continuer notre projet. Si vous trouvez notre travail important, n’hésitez pas : devenez membre de Médor.

Un journalisme exigeant peut améliorer notre société. Voulez‑vous rejoindre notre projet ?

La communauté Médor, c’est déjà 2518 membres et 1730 coopérateurs

Médor ne vous traque pas à travers ses cookies. Il n’en utilise que 3 maximum pour la sécurité et la navigation.
En savoir plus