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La foire aux fantaisies

Fancy-fair, qu’en faire ?

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Melek Zertal. Tous droits réservés.

Tombola, château gonflable et danse des animaux : en Belgique, la fête de l’école s’appelle « fancy-fair ». D’où sort donc cette expression anglaise, inconnue des anglophones ?

Qu’on prononce « fancy fééér » ou « fane si fèrrre », peu importe. D’Anvers à Arlon, c’est comme ça qu’on désigne la fête de fin de l’année à l’école. Mais pourquoi cet anglicisme ?

Guy (70 ans), vendeur d’escargots à la foire du Midi : « I don’t know. Ik weet het niet. C’est comme tous ces gens crevés qui se mettent à dire qu’ils ont des “burn-out”. » Ça, Guy, ça lui casse les pieds. Mais « fancy-fair », on a toujours dit comme ça. « Il y avait même une grande fancy-fair à l’école américaine de Bruxelles, avec des types accoutrés comme des Américains, avec casquettes et tout le bazar. » Aujourd’hui, ni les Américains à casquette ni les Anglais n’utilisent plus cette locution qui, littéralement, pourrait se traduire par « foire aux fantaisies ».

Le dictionnaire des belgicismes de Michel Francard nous assure que « fancy-fair » subsiste en Belgique et à l’île Maurice et en donne cette définition : « Fête de bienfaisance au profit d’une école, d’une association ». L’équivalent en français de référence serait « kermesse ». Mais, en Belgique, « kermesse » désigne plutôt une fête patronale, une fête foraine ou un critérium cycliste, sans notion de bienfaisance, donc. Pas simple.

De la broderie aux pains-saucisses

« Fancy fair » a bien été utilisé avec cet accent de bienfaisance en anglais. The lady’s bazaar and fancy fair book, publié à Londres en 1880, donne ainsi aux ladies des idées d’objets à broder ou à crocheter pour récolter des fonds pour une église ou une œuvre de charité. L’emprunt du français à l’anglais date probablement de cette …

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