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On ne sauve pas le monde

Ukraine

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Julie de Lossy. CC BY-NC-ND.

Je m’appelle Julie, j’ai 38 ans, j’habite à Bruxelles et je suis photographe. Je n’ai jamais organisé d’envois humanitaires ni de rapatriement de réfugiés. Ce n’est pas mon boulot. Enfin, ça, c’était avant la guerre en Ukraine. Le 16 mars, je suis partie avec des potes dans un autocar chargé de sacs mortuaires et de kits de survie. Un peu fébrile. Parce que faire de l’humanitaire, en fait, ça ne s’improvise pas. Voici mon carnet de route.

12 mars 2022. « 1 600 kilomètres. En bagnole, c’est faisable. »

« Laura ne vient pas, t’en es ? »

« Oui. Je fais quoi ? »

« Ah ben, trouve-nous des gilets pare-balles et comment entrer en contact avec 70 réfugiés qui voudraient venir à Bruxelles. »

C’est comme ça que j’ai rejoint l’équipe. Sur un coup de fil. Et un besoin urgent de « faire » quelque chose.

Pour mes copines Marine, Alexia et Laura, ça s’est décidé quatre jours plus tôt, entre les caisses en carton éventrées pleines de vêtements du Palais 12 au Heysel. En triant des tonnes de dons de seconde main, mes amies cherchaient un moyen « d’être plus efficaces » pour les réfugiés d’Ukraine. Check rapide sur un smartphone : la frontière ukrainienne est à moins de 1 600 km. « En bagnole, ça se fait. » C’est la loi de la proximité. Et donc, le déclic.

Laura trouve une compagnie de location d’autocars, un des deux chauffeurs est un ancien militaire, l’aspect humanitaire du voyage, ça le connaît. Alexia lance la cagnotte solidaire en ligne, objectif 16 000 euros. Pierre et Marine activent leurs réseaux et s’occupent de la logistique. La cagnotte s’emballe. En six jours, l’argent est là. On est au pied du mur, on doit y aller.

Mon mec me relaye les réactions de ses potes, qui, je pense, sont aussi les siennes : « Pourquoi soudain tu aides les Ukrainiens et avant t’as pas aidé les Syriens, les Afghans ? » Je me suis …

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