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La transparence opaque

Fric et pharma

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Margaux Dinam. CC BY-NC-ND.

Notre enquête Open Pharma a disséqué 875 millions d’euros de transactions payées par le secteur pharmaceutique aux professionnels de la santé pour des consul­tances, sponsorings et frais de congrès. Chaque année, ces transferts sont publiés dans BeTransparent, le registre de transparence du secteur pharmaceutique. Mais cette base de données est difficile à consulter. Notre analyse sur cette transparence de façade est inédite. Voici nos constats (spoiler : c’est la cata).

Vous allez vous faire opérer par un spécialiste et vous voulez connaître ses liens avec l’industrie pharmaceutique ? Tapez le nom du médecin sur betransparent.be, et hop le tour est joué. Vous pouvez par exemple voir si votre cardiologue a reçu de l’argent des firmes pour des frais de consultance (pour le développement d’un nouveau pacemaker, par exemple), de voyage et de logement, ou encore des inscriptions à des colloques. Enfin, en théorie, seulement. Dans la pratique, c’est plus compliqué.

Le registre de transparence BeTransparent est né en 2015 et il est obligatoire depuis 2017. Le principe ? Un site internet qui reprend les sommes versées à chaque médecin, université, hôpital, association de patients… Tout ça, car la transparence, c’est important. C’est même super important. La preuve ? Les firmes le crient haut et fort. « Toute l’industrie attache une grande importance à la transparence » (AstraZeneca), « L’industrie et les professionnels de la santé, Janssen y compris, accordent beaucoup d’importance à la transparence » (Janssen), « Dans toutes nos interactions avec les professionnels de santé, nous faisons preuve d’intégrité et de transparence » (GSK), etc.

Au-delà de ça, la transparence du secteur est aussi importante pour le citoyen, les ONG et les pouvoirs publics. Elle permet de scruter les influences potentielles d’un partenaire surpuissant (et presque incontournable) de notre santé, de traquer les biais qui pourraient rendre caduque une étude, influencer une prescription. L’enjeu est considérable. « Plus la dépendance financière est grande, plus ce risque est grand », prévient Olivier Hoedeman, de l’Observatoire de l’Europe industrielle.

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