9min

Agnès, travailleuse adaptée

Prenez un généreux modèle d’insertion sociale des personnes en situation de handicap : les entreprises de travail adapté. Puis confiez ce modèle à l’économie de marché. Cadence, production, flexibilité… « En fait, on a l’impression que c’est nous qui devons nous adapter au travail », témoigne Agnès.

1.png
Ateliers Indigo. CC BY-NC-ND

Illustration musicale par Point Culture

metro boulot c'est trop

Il y a toujours un bruit de fond dans la vie d’Agnès. Ce bruit, ce n’est pas le vrombissement de la chaîne de production industrielle où défilent, devant elle, les milliers de produits cosmétiques qu’elle devra emballer aujourd’hui. Ce n’est pas non plus l’agitation des quinze ouvriers répartis de part et d’autre de la machine à ses côtés. Ni le vacarme des cinq autres lignes de production en rangs dans l’entrepôt.

Non, le bruit de fond dans la vie d’Agnès, c’est la douleur. Une douleur assourdissante, logée entre ses articulations, qui court sous ses muscles et engourdit les paumes de ses mains. Agnès a 46 ans. Depuis ses 27 ans, elle est sujette au syndrome du canal carpien, un fourmillement qui irradie dans ses mains et limite sa dextérité. Depuis quasiment autant de temps, elle souffre aussi de fibromyalgie, de douleurs chroniques aux genoux, dans le dos et le cou. Des handicaps invisibles. « La douleur fait partie de moi », dit-elle.

hand2.png
Ateliers Indigo. CC BY-NC-ND

Paradoxalement, c’est cette douleur qui l’a amenée ici, à emballer 80 000 rouges à lèvres en une journée. Depuis maintenant sept ans, Agnès s’active derrière sa chaîne aux Ateliers du Saupont, une « entreprise de travail adapté » (ETA). Sociétés à finalité sociale ou asbl, les ETA bénéficient de subsides régionaux pour réaliser leur mission sociale : assurer l’insertion professionnelle de personnes en situation de handicap, dans un cadre épanouissant. En …

Lire, en toute liberté

Cet article semble vous intéresser. Vous pouvez lire la suite à votre aise : c’est un cadeau. Nos contenus doivent être accessibles au plus grand nombre. La période d’essai d’un mois, gratuite et sans engagement, est également faite pour cela. Cependant, nous avons besoin d’être financés pour continuer notre projet. Si vous trouvez notre travail important, n’hésitez pas : devenez membre de Médor.

Un journalisme exigeant peut améliorer notre société. Voulez‑vous rejoindre notre projet ?

La communauté Médor, c’est déjà 3356 membres et 1704 coopérateurs

Pensez à offrir nos contenus au tarif spécial fin d’année.
Médor ne vous traque pas à travers ses cookies. Il n’en utilise que 3 maximum pour la sécurité et la navigation.
En savoir plus