13min

« Vous verrez, ça va passer »

1.png
Mélanie Utzmann-North. CC BY-NC-ND.

Fanny Appes a été pourchassée par son ancien compagnon. Au bout d’un calvaire jalonné par des plaintes à la police, elle est poignardée. Histoire banale d’une violence tellement annoncée, jamais considérée.

Jeudi 13 février 2020. Ce matin-là, il y a beaucoup de monde dans le train qui relie Rhode-Saint-Genèse à Holleken en périphérie bruxelloise. Dans cette cohue, Fanny Appes Ekanga espère ne pas arriver en retard. Cela ferait mauvaise impression quand on commence un travail. Elle regarde l’heure sur l’écran de son téléphone. 8 h 06. Ça devrait aller. Fanny s’enfonce dans son siège.

Son regard se dirige vers l’autre bout du compartiment. C’est là qu’elle le voit. Au début, elle est surprise. En changeant de boulot, elle était certaine qu’il ne pourrait pas la retrouver. Et pourtant il est là. Lui aussi la regarde. Le train s’arrête. C’est la gare de Linkebeek. Fanny veut qu’il s’en aille. Elle se lève, se dirige vers lui et demande – c’est en tout cas la version de Fanny :

« Qu’est-ce que tu fais là ? »
« Enlève la vidéo que tu as mise sur Internet », lui répond-il d’un ton sec.

Fanny ne dit rien, elle voudrait être loin. Tout sauf ici avec lui. Elle retourne vers son siège et prend ses affaires pour changer de place. Elle traverse en vitesse le wagon dans l’autre direction. Elle sent qu’il est toujours derrière elle. Fanny fouille son sac pour attraper son GSM. Elle veut joindre la police et prendre une vidéo. Depuis ses deux dernières plaintes, elle sait qu’il lui faut des preuves. Sa main tient fermement le GSM, elle commence à composer le numéro.

Lire, en toute liberté

Cet article semble vous intéresser. Vous pouvez lire la suite à votre aise : c’est un cadeau. Nos contenus doivent être accessibles au plus grand nombre. La période d’essai d’un mois, gratuite et sans engagement, est également faite pour cela. Cependant, nous avons besoin d’être financés pour continuer notre projet. Si vous trouvez notre travail important, n’hésitez pas : devenez membre de Médor.

Un journalisme exigeant peut améliorer notre société. Voulez‑vous rejoindre notre projet ?

La communauté Médor, c’est déjà 3136 membres et 1691 coopérateurs

Médor ne vous traque pas à travers ses cookies. Il n’en utilise que 3 maximum pour la sécurité et la navigation.
En savoir plus