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Messes basses

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Emilie Seron. Tous droits réservés.

Le curé des Marolles, Jacques Van der Biest, est décédé en mai dernier à l’âge de 86 ans. Grand défenseur des pauvres, il laisse des paroissiens inconsolables. Qui sera leur nouveau berger ? Le curé congolais, imposé par l’archevêché, ou le traditionaliste et ses chants en latin ? Guéguerre de clochers.

Comme tous les dimanches, Arlette a pris ses quartiers devant l’église des Minimes, au cœur des Marolles à Bruxelles. Assise sur une chaise, dos à la porte, elle attend que la messe s’achève sans piper mot, espérant que les fidèles de 9 h 30 se montrent suffisamment généreux pour garnir son gobelet de quelques pièces jaunes à la sortie. Voilà près d’une heure trente que la célébration est en cours. Une heure trente de chants, en latin, avec un curé qui tourne le dos à l’assemblée, dont l’homélie du jour était consacrée au péché originel et aux instincts à même de détourner les chrétiens du droit chemin spirituel.

Arlette n’a rien entendu de ce sermon. Elle ne met d’ailleurs plus un pied dans l’église, depuis que l’abbé Hygonnet – le curé de 9 h 30 – y a chassé les chiens. Assimilé à un acte de guerre, ce geste l’a fait sortir de ses gonds. Et c’est désormais un chapelet d’insultes qu’Arlette marmonne dans sa barbe, chaque fois que l’homme en soutane a le malheur de croiser son chemin. « C’est un sale type, justifie-t-elle. Je lui ai dit : “si tu n’aimes pas les bêtes, c’est que tu ne t’aimes pas toi-même”. » Prenant Dieu à témoin, qui envoyait autrefois des pigeons dans le clocher, Arlette annonce alors cette inquiétante prophétie : « Depuis qu’il est là, les pigeons sont partis. Maintenant, ce sont des corbeaux qui viennent. Je lui ai dit : “Van der Biest, lui, avait …

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