3min

L’alphabet belge

Nos territoires graphiques

traitb.jpg
Celine Gautier. Tous droits réservés.

Notre écriture manuscrite révélerait des traits de notre personnalité. Mais, dans les apprentissages collectifs, la manière dont nous traçons les Q ou des R disent-ils encore quelque chose de notre identité collective ?

Écrit-on belge ? Pour le savoir, il faut aller en première primaire. Madame Jennifer trace des B majuscules tout en boucles et des Q comme on n’en a pas vu depuis les années 80. « D’où vient cet alphabet, Madame Jennifer ? » – « Je n’en sais rien. C’est celui qu’on a toujours utilisé dans cette école. »

La question n’est pas si idiote qu’elle ne paraît. En France, le ministère de l’Éducation nationale a mis à la disposition des enseignants deux polices de caractères cursives (écriture manuscrite avec les lettres attachées) en format numérique. Elles sont censées les aider à « apprendre à leurs élèves une écriture lisible, harmonieuse, rapide et bien adaptée aux instruments et supports contemporains ». Il y a aussi un argument culturel : écrire « à la française », comme manger du camembert, c’est « un choix identitaire ». Un modèle commun, rappelle le ministère, « participe à la cohésion d’un groupe culturel ». Charlemagne avait, d’ailleurs, lui aussi pensé à imposer son alphabet.

De son côté, la Communauté française de Belgique n’a pas jugé bon de faire écrire nos enfants en traits bruxello-wallons. Elle n’impose ni ne suggère aucun alphabet de référence – pas plus que la Communauté flamande. C’est l’usage qui fait la norme, transmise via les manuels scolaires. Laurence Grosfils, professeure d’arts plastiques à la Haute École Léonard De Vinci, enseigne aux futurs profs de primaire l’art de tracer de belles lettres. « Je vois des écoles qui écrivent plus …

Lire, en toute liberté

Cet article semble vous intéresser. Vous pouvez lire la suite à votre aise : c’est un cadeau. Nos contenus doivent être accessibles au plus grand nombre. La période d’essai d’un mois, gratuite et sans engagement, est également faite pour cela. Cependant, nous avons besoin d’être financés pour continuer notre projet. Si vous trouvez notre travail important, n’hésitez pas : devenez membre de Médor.

Un journalisme exigeant peut améliorer notre société. Voulez‑vous rejoindre notre projet ?

La communauté Médor, c’est déjà 2835 membres et 1691 coopérateurs

Médor ne vous traque pas à travers ses cookies. Il n’en utilise que 3 maximum pour la sécurité et la navigation.
En savoir plus