« Y’a plus d’hommes d’État »

Mais où sont passés les Spaak, les Martens, les Spitaels, ces prétendus visionnaires qui, paraît-il, n’agissaient que pour les générations futures et la noblesse de la Nation ? Et si ces soi-disant démiurges s’étaient… délocalisés au fil de la déconstruction du pays ? Y aurait-il donc encore de « Grands Hommes » ? Peut-être. Mais alors de « Grands Hommes » de (futurs) tout petits États…

Allez savoir pourquoi, mais un souvenir, énorme et dérisoire, surgit à chaque fois que j’entends la rengaine : « Y’a plus d’hommes d’État », soit au bas mot une fois par semaine. Dès lors, permettez, s’il vous plaît, que je me purge de cette scie.

Au début des années 80, Dieu m’a convoqué. Un dimanche, forcément. Je venais d’entrer à la rédaction d’un « grand quotidien de la capitale », selon l’expression saint-sulpicienne alors consacrée et même mon père n’en revenait pas… Mais voilà j’étais dans la place. Un miracle absolu après des années de bamboche et de vaches maigres.

L’époque n’était pas heureuse comme le jour béni de ta première étreinte dans le foin avec la petite Mireille. Ça craquait de partout aux entournures mais les caïds d’alors s’évertuaient à faire semblant que rien n’avait fondamentalement changé depuis l’invention de la bakélite. Et puis le Certificat d’études de base n’existait pas ; Cools et Lady Di pétrolaient, Dutroux ne torturait que des moteurs pourris, saint Baudouin régnait et sa señorita ne se teignait pas encore en bleu pervenche.

Carette s’échauffait à peine les sangs sous l’œil distrait des barbouzes, les tueurs du Brabant graissaient leurs flingues dans d’obscures casernes en attendant les ordres de leurs commanditaires ; à Mortsel, la mère du petit Bart s’inquiétait de l’embonpoint de son rejeton, Roger Lallemand planchait en catimini sur la loi qui allait « partiellement libérer » l’IVG, à Tchernobyl tout baignait dans l’huile et el-Assad père, à l’image de …

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