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Gais chimistes

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Dennis Marien. CC BY-NC-SA.

Dans la communauté gay, certains s’envoient en l’air très haut, très longtemps, sous l’emprise d’une panoplie étendue de psychotropes. Le chemsex a essaimé avec le succès des applications de rencontre géolocalisées, comme Grindr. Pratique communautaire assumée autant qu’enjeu de santé publique, il défie les codes des usages de drogues.

« Vous avez déjà baisé sous cocaïne, Nick ? » Répondant elle-même à sa propre question dans une scène culte de Basic Instinct, Sharon Stone décrétait, dans une bouffée de cigarette : « C’est bien. » Laconique, la réponse avait l’avantage de la clarté. Elle est aujourd’hui partagée par une partie de la communauté gay, qui s’adonne avec enthousiasme à de sulfureuses associations chimico-sexuelles — dites chemsex. Même si l’ampleur du phénomène est difficile à cerner, il semble se développer, particulièrement dans les capitales européennes.

« Ma première fois, c’était à Berlin, il y a deux ans », raconte Jean-Philippe. « J’avais rencontré un garçon dans une soirée. On était tous les deux assez perchés. Après dix heures à danser et batifoler, on a décidé de prolonger les festivités dans ma chambre d’hôtel. Il m’a donné un peu de speed pour lutter contre la fatigue, et un quart de pilule de Viagra. Ensuite, il m’a proposé de prendre du GHB, ce que je n’avais jamais essayé. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre. L’effet est progressif. On n’a pas le sentiment d’être drogué, mais tout devient beaucoup plus intense. Le sexe devient passionné. On est enivré par la peau, l’odeur, la chaleur de l’autre. Les baisers sont fougueux, les caresses sont électriques. Quand je le pénétrais, j’avais un sentiment de fusion extraordinaire. On a baisé pendant dix heures d’affilée, quasi non-stop, en reprenant régulièrement du G et du speed. De temps en temps, on s’endormait pendant …

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