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Les voies du plasma (2/2)

Le parcours de l’argent

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Julie Kern Donck. CC BY-NC-ND.

Le don de plasma est le point de départ d’un étrange marché, mêlant santé publique et intérêts privés. Il part d’un don « gratuit » de particuliers, génère des bénéfices colossaux pour des sociétés privées, et revient à la gratuité pour le patient. Après avoir parcouru la voie du plasma, prenons le chemin de l’argent.

Retour à l’hôpital d’Érasme. Reste couché, Dorian. La veine, la piqûre. Tends ton bras, et voilà, le liquide rouge entre dans une machine blanche juste à côté de toi. Ton don est volontaire. Tu as reçu un malheureux sandwich et un demi-ticket de cinéma (tu recevras l’autre moitié lors d’un deuxième don !)

Ensuite, on entre dans un autre univers. Accroche-toi à ton pansement. La Croix-Rouge vend à CSL 90 euros le litre de plasma résiduel (soit extrait d’un don de sang total), 100 euros le litre de plasma d’aphérèse (soit un don de plasma). L’honorable institution dégage-t-elle des bénéfices de cette vente ? C’est interdit par la loi. Les marchés du sang (environ 80 à 85 % du chiffre d’affaires du Service du Sang de la Croix-Rouge) et du plasma ne peuvent pas dégager de profits. Mais, pour le vérifier, c’est compliqué. La Croix-Rouge n’a qu’une seule entité juridique. Le Service du Sang, dont une partie des activités est subsidiée, fait remonter ses comptes, comme tous les autres métiers (humanitaire, urgence, formation…) vers un budget commun de la partie francophone qui lui-même est couplé au bilan flamand pour donner en définitive les comptes de la Croix-Rouge nationale. Tu as suivi ? Autant dire qu’il est impossible de distinguer la place du sang dans ces chiffres globalisés. Ce vaste rassemblement de comptes en un seul bilan ne permet pas de distinguer le financement de l’important département du Service du Sang, soit 300 employés et un budget avoisinant les 44 millions …

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