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Les profs du fond de la classe

Arnaud Hoedt et Jérôme Piron

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Ophélie Friberg. CC BY-NC-ND.

Au départ, ils sont profs. De français pour Arnaud (le brun très inspiré sur la photo), de religion catholique pour Jérôme (le barbu – aucun rapport avec Jésus). Ensemble, ils ont tout fait : n’importe quoi quand ils enseignaient dans la même école (résidence dans un festival de danse contemporaine avec des élèves en électromécanique, leçon dans un centre commercial, cours sans évaluation), une pièce de théâtre sur l’orthographe, La Convivialité, qui a fait carton plein et énervé quelques mecs à perruque de l’Académie française. Et, enfin, cette interview sauvage à Braine-l’Alleud.

Dans leur pièce de théâtre La Convivialité, dont le texte a été réédité sous le titre « La Faute de l’orthographe », Jérôme Piron et Arnaud Hoedt se permettaient – ô sacrilège – une réflexion critique sur le dogme de l’orthographe. Pourquoi écrire « contraindre » (avec un a) alors qu’il vient de « stringere » comme « astreindre » (avec un « e ») ? À quelle étymologie se rapporte le « d » de « poids » alors qu’il vient de « pensum » ? Pourquoi le participe passé utilisé avec avoir s’accorde-t-il avec le complément seulement s’il vient avant ? L’orthographe française concentre des paquets d’erreurs de moines copistes et de règles absurdes que les petits francophones passent une grande partie de leur scolarité à essayer d’intégrer, sans poser de questions. Lassés de jouer les « curés de la langue », nos deux profs, romanistes de formation, ont fait cette proposition osée : cesser de voir les conventions orthographiques comme les Tables de la loi et s’autoriser à poser sur elles un regard critique. Même dans le foot, il arrive qu’on change les règles, non ?

C’est ce même exercice critique qu’on leur a demandé de faire avec l’école, en général. Histoire de voir si, du fond de la classe, on pouvait bénéficier d’un autre éclairage.

Médor : Jérôme, vous étiez prof de religion catholique. Une passion pour les Évangiles ?

Jérôme Piron : Au tout départ, j’ai été prof de français, mais le programme de …

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