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Quand la Flandre tourne cosaque

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David Evrard. Tous droits réservés.

Alors que l’extrême droite flamande partait jadis au combat contre les Russes, les ennemis d’antan sont aujourd’hui enlacés dans une étreinte profonde. Knack est allé à la rencontre du lobby prorusse en Belgique. Son fer de lance, Kris Roman, « trouve que Staline a fait du bon boulot ».

Le plus grand fan de Vladimir Poutine du pays habite une maison mitoyenne dans la banlieue de Termon­de. En pénétrant chez Kris Roman, on est transporté dans une boutique de souvenirs à deux pas de la place Rouge. Très vite, on se trouve face à un bar flanqué d’une armoire à alcool remplie jusqu’au plafond de dizaines de bouteilles de vodka exquise.

Au mur sont placardés des drapeaux flamands et russes – aussi bien le drapeau contemporain que l’ancien étendard tsariste que les nationalistes brandissent aux manifestations. Une énorme carte du monde fait apparaître la Crimée comme une partie de la Russie. Sur la cheminée trônent de petites figurines vertes représentant les soldats russes sans insignes qui ont occupé secrètement la Crimée en 2012. Mais le clou du salon est incontestablement le sapin de Noël colossal orné de lumières aux couleurs du drapeau russe.

Non sans fierté, notre hôte nous emmène dans son étude. Derrière son bureau sont accrochés des portraits de Vladimir Poutine et du tsar Nicolas II, ainsi qu’un drapeau de Nouvelle-Russie, le nom que les nationalistes russes donnent à l’actuelle Ukraine orientale. Au-dessus de la porte, on lit en lettres menaçantes : LES RUSSES ARRIVENT. Les deux énormes ordinateurs Apple constituent l’épicentre d’Euro-Rus, le think tank dont Roman est le pivot. Euro-Rus milite pour une Europe « de Gibraltar à Vladivostok ». D’après son blog, l’association pourfend avant tout « la société multiculturelle américaine imposée » et « la domination du monde par les banquiers internationaux » …

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