10min

Musée de Tervuren

Décolonisation impossible ?

tervuren-musee-decolonialisation
David Evrard. Tous droits réservés.

Le Musée royal de l’Afrique centrale qui a rouvert ce 9 décembre 2018, était fermé depuis 2013. Idem pour l’exposition permanente. Entre la diaspora africaine, les scientifiques et les muséologues, l’explosion est permanente. Elle aussi.

Le vieil éléphant empaillé est imperturbable. Il est pourtant recouvert de bâches en plastique et entouré d’ouvriers qui s’agitent. À Tervuren, le Musée royal de l’Afrique centrale (MRAC) fait peau neuve. Le bâtiment centenaire, de style néoclassique, est fermé depuis 2013, pour un sacré rafraîchissement. Depuis cette date, les collections ont rejoint le gigantesque entrepôt où des millions d’échantillons d’animaux, 100 000 poissons, des masques, des tambours, des instruments de musique, du bois, 17 000 serpents et 300 000 araignées, dont l’essentiel a été arraché au Congo à l’époque coloniale, sont rangés en attendant la réouverture. Pour Déborah Silverman, professeure d’histoire européenne à l’Université de Californie, et spécialiste du musée de Tervuren, cette collection, d’une ampleur colossale, est une « forêt pétrifiée du colonialisme constituée par l’extraction massive d’animaux, d’artefacts, de produits, pendant les décennies léopoldiennes. On a dépouillé des ressources culturelles et naturelles à une échelle inimaginable ».

Ce musée et cette collection sont intimement liés à l’histoire coloniale de la Belgique, et plus particulièrement à l’entreprise personnelle de Léopold II, qui dirigea seul (sans jamais y avoir mis les pieds) l’État indépendant du Congo de 1885 à 1908. En commandant l’érection de ce « musée du Congo » – à la suite de l’Exposition universelle de 1897 –, le souverain voulait mettre en avant son aventure commerciale, dont l’extraction des ressources était la motivation première, qui eut pour conséquence la soumission brutale des Congolais.

Changer l’exposition permanente

« Le musée était clairement un vestige de l’époque coloniale …

Lire, en toute liberté

Cet article semble vous intéresser. Vous pouvez lire la suite à votre aise : c’est un cadeau. Il suffit de cliquer sur le bouton blanc, ci-dessous.

Nos contenus doivent être accessibles au plus grand nombre. La période découverte (bouton jaune) vous donne gratuitement accès à l’ensemble de nos articles durant 15 jours, sans engagement.

Ensuite, si vous estimez que notre travail journalistique indépendant (vous) est utile, vous pourrez toujours nous apporter votre soutien en vous abonnant. Merci

Un journalisme exigeant peut améliorer notre société. Voulez‑vous rejoindre notre projet ?

La communauté Médor, c’est déjà 3530 abonnés et 2107 coopérateurs

Médor ne vous traque pas à travers ses cookies. Il n’en utilise que 3 maximum pour la sécurité et la navigation.
En savoir plus