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Quand j’étais Flamande

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Un Bruxellois (de Liège) enquête sur ses origines limbourgeoises et se découvre brabançon, anversois et carolo. Par l’histoire bricolée de sa famille, c’est un pays à la pauvre mémoire qu’il raconte. Où nous, les francophones, et eux, les Flamands, sommes tous un peu « bâtards ».

C’était en 2010, lors d’un débat électoral tendu entre Bart De Wever et Louis Michel. À un moment, le leader nationaliste flamand prit à partie son adversaire libéral francophone : « Mais qui a refusé que la Belgique soit bilingue ? C’est vous ! Vous, les francophones, dans les années 1920 ! » Ce « vous » vindicatif et fiévreux, je me souviens de l’avoir pris pour moi. En avoir été heurté. En quoi moi qui suis né en 1974 étais-je responsable des francophones des années 1920 ? Qui étais-je à l’époque ? Qui étais-je sinon une orpheline flamande adoptée par des Wallons ?

Elle nous a toujours dit avoir appris son vrai nom à l’âge de 16 ans. Jusque-là, elle s’appelait Joséphine Rouyr, du nom de sa famille d’accueil. L’éducation n’avait pas été tendre. À force de gifles et de coups de tison, elle avait perdu l’ouïe du côté gauche. « La femme qui m’a élevée », ainsi qu’elle l’appelait, disait regretter un autre enfant placé chez elle auparavant. D’où la violence. La situation a changé peu avant la Seconde Guerre mondiale, le jour où son frère Emile est venu frapper à la porte. De quelques années son aîné, Emile avait fui l’orphelinat et fait des recherches pour la retrouver, elle et le reste de leur famille. C’est ainsi qu’il lui a révélé sa véritable identité …

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