L’ivresse des mines
Le fantasme sous nos pieds
Enquête (CC BY-NC-ND) : Ayrton Jacquemin & Quentin Noirfalisse
Illustrations (CC BY-SA) : Adel Faure
Publié le
Et si la Belgique recommençait à creuser ? Longtemps reléguée aux livres d’histoire, l’extraction minière revient au premier plan, portée par la quête d’autonomie stratégique de l’Europe et un MR qui brandit la souveraineté énergétique en étendard. Derrière les promesses politiques, une question surplombe : que reste-t-il réellement sous nos pieds ?
Casque jaune sur la tête, gros caillou en main : Georges-Louis Bouchez prend la pose, accoudé à un wagon de la mine de Blegny. L’extraction de charbon s’est arrêtée en 1980 et avec elle le dessein économique d’une région. En ce début juillet 2025, le président du MR a voulu faire un coup pour lancer une étude du Centre Jean Gol, le think tank du parti. « À ce moment-là, les enjeux de souveraineté étaient sur le devant de la scène, que ce soit sur l’industrie, l’énergie et même la défense », explique-t-il, un an plus tard, pour justifier son timing.
Son projet est dans le titre de l’étude : « Relançons l’activité minière en Belgique et en Europe ». À ses côtés, accoutré aussi en mineur, Corentin de Salle, directeur scientifique du Centre Jean Gol, s’apprête bientôt à publier un post sur Facebook. « Oui, nous devons rouvrir des mines et en créer d’autres ailleurs. Oui, nous avons des gisements identifiés […] Oui, cette étape peut ouvrir la voie, en créant une chaine de valeurs, à une réindustrialisation massive (mais propre) de notre pays. » Et en plus, conclut-il, cela créera de l’emploi, mais heureusement des robots feront le gros du boulot sous la terre. « Il faut foncer. » Foncer, c’est bien, mais foncer pour quoi ?
Grandes annonces
Sur une trentaine de pages, le rapport insiste sur l’explosion des besoins en métaux, dans un contexte de crise climatique et …