Les institutions sous perfusion des Big Tech
Belgique
Textes : Jan Walraven
Datavisualisation (CC BY-SA) : Pierre Huyghebaert
Traduction : Thomas Lecloux
Publié le
Près de 85 % des entités publiques fédérales, plus de 91 % des institutions flamandes et 71 % des communes wallonnes sont liées à Microsoft pour leur messagerie électronique, et un grand nombre de sites gouvernementaux sont hébergés par des entreprises américaines. Cette dépendance n’est pas sans poser certaines questions, en particulier au temps de l’administration Trump.
Au dernier Forum économique mondial de Davos, en janvier 2026, notre Premier ministre Bart De Wever soulignait que nous aurions intérêt, en Europe, à devenir « indépendants sur le plan technologique ». Au même moment, les relations transatlantiques connaissaient une crise sans précédent à la suite des menaces agitées par Donald Trump au sujet du Groenland. Et De Wever d’entrevoir que, dans cinq ans, nous aurions peut-être à remercier le président américain de « nous avoir réveillés juste à temps ».
Le site officiel du Premier ministre belge – premier.be – ne sera-t-il alors plus hébergé sur les serveurs de l’entreprise américaine Akamai ? Et la communication électronique de son administration ne passera-t-elle plus par les logiciels du géant Microsoft ?
Le SPF Chancellerie du Premier ministre est loin d’être le seul de nos services publics à s’en remettre largement aux géants américains du numérique tels que Microsoft et Google. C’est ce qui ressort d’une analyse de 799 sites web d’institutions publiques belges réalisée par Apache.