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Un diable dans la boîte

Bpost

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Mélanie Utzmann-North. CC BY-NC-ND.

En 2025, la poste belge a signé un pacte avec le diable. Elle a ouvert grand ses bras à la plateforme Temu, l’une des entreprises les plus malfamées de l’e-commerce chinois. Tiraillée depuis des décennies entre logique de marché et missions publiques, Bpost (devenue Bnode) est bel et bien dans un nœud. Pour le dénouer, il est urgent de s’interroger sur l’évolution du service postal.

Pour bien comprendre : Bpostgroup, la poste belge, s’est débarrassé de sa référence postale pour s’appeler désormais « Bnode ». Cette société englobe plusieurs filiales et activités. La distribution de courrier et colis en Belgique se fait toujours sous le nom « Bpost ». Dans cet article, nous utiliserons donc les deux noms.

Le 26 novembre 2025. Pause photo. Deux hommes en costume, face à l’objectif. Table blanche, fardes rouges, stylos neufs. Logos de Temu et de Bpostgroup en arrière-plan. Chris Peeters, CEO de Bpost/Bnode, serre la main d’un responsable de Temu, l’une des grandes plateformes chinoises d’e-commerce. La photo accompagne un communiqué : « Temu signe un protocole d’entente avec Bpostgroup pour renforcer leur collaboration logistique internationale. » Le contenu de ce « protocole d’accord » reste secret, mais une chose est sure : il facilitera les activités de la plateforme au sein de l’Union européenne.

Bnode n’est pas la seule à flairer l’opportunité commerciale qui s’annonce. Temu a réussi à nouer, fin 2025, des accords similaires avec sept postes européennes. Hasard du calendrier ? La même année, la Commission européenne a évoqué la « puissance dévastatrice » de structures comme Shein et Temu. Le Parlement européen a voté une taxe de 3 euros sur les petits colis provenant de l’extérieur de l’Union, applicable à partir de juillet 2026. Pour contourner cette taxe, les plateformes chinoises ancrent donc leur destin à celui d’entreprises européennes en vue.

« Une gifle » ! « Un cheval de Troie » ! La réaction la plus vive contre cet accord ne vient pas, cette fois, des associations de défense des droits …

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