FC GLB : Un président aux doubles casquettes
Texte (CC BY-NC-ND) : Nicolas Taiana & Olivier Bailly
Illustrations (CC BY-NC-ND) : Bravas Graphix
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Depuis 2020, Georges-Louis Bouchez est double président. Du MR et des Francs Borains. En cinq ans, il a mobilisé son carnet d’adresses pour éponger les dettes de ce club de foot de D2, convaincre des amis prêteurs et dénicher des investisseurs. Quitte à hypothéquer sa maison. Résultat : une confusion des genres dont il se moque, préférant annoncer des solutions qui pourraient lui faire gagner « quelques centaines de milliers d’euros ». Mais à qui, au juste ? Au président de club ou à l’homme politique ?
Le 24 avril 2020, en pleine crise sanitaire, le nouveau président du Mouvement réformateur (MR) Georges-Louis Bouchez s’octroie une autre présidence : celle du club de football de Boussu, le Royal Francs Borains. Au cours d’une conférence de presse où les chaises des journalistes sont soigneusement éparpillées sur le terrain du stade Robert-Urbain, les hautparleurs envoient du We are the Champions, et le héros annoncé descend de la tribune principale. « GLB » devient donc le visage d’un modeste club de foot, fraichement champion de D2 Amateur, l’équivalent de la quatrième division nationale masculine. Six mois plus tôt, il avait été élu président du MR, à seulement 33 ans. L’homme est décrit comme solitaire, sanguin, plus hyper-politique que fin technicien, redoutable en débat, fan de Sarkozy. Il effectue ses premiers pas dans le monde du ballon rond.
Quand d’anciens membres des Francs Borains disent ne pas avoir été mis au parfum, d’autres sourient en confiant qu’une demande pour faire atterrir un hélicoptère sur la pelouse aurait été effectuée. Qu’importe, la scène s’avère suffisamment lunaire pour prendre de court les milieux footballistiques, politiques et médiatiques. « Merci pour l’accueil. Et maintenant, j’espère que ça sera à la hauteur », prononce l’intéressé, écharpe vert et blanc sur les épaules, nouveau costume de président du « RFB » sur le dos.
Derrière son écran, le PS montois fulmine. Le collège socialiste de la Ville de Mons planchait plutôt sur une fusion entre le Royal …