La dernière lourdeur ?
« La babe du jour »
Vendre du papier avec des photos de cul. Une stratégie sexiste longuement éprouvée dans la presse britannique. Et en Belgique ? La plus grosse saillie fut « la babe du jour » de La Dernière Heure. Une pratique d’un autre temps ? Pas du tout, elle n’a disparu qu’en… 2018.
Dans les médias, les fins d’année apportent leur lot incontournable de rétrospectives. Ce 22 décembre 2017, la DH ne déroge pas à la tradition. Mieux que les films et les tubes de l’année, voici le millésime des « babes ». Après une brève analyse des gagnantes, la rédaction annonce joyeusement la couleur pour l’album de l’année suivante, qui récompensera « la présentatrice météo la plus sexy du monde ».
Sexe et médias ont une liaison aussi vieille que Gutenberg. De l’invention de l’imprimerie à celle de la photo et d’internet, les contenus pornographiques ont circulé grâce aux outils médiatiques et les ont façonnés en retour. Un compagnonnage qui a parfois abouti à un croisement de genres.
Comme le résume la chercheuse en sciences des médias Laurence Mundschau (dans « Le people dans la presse illustrée belge des années 1950 »), les prémices de ce « glissement de terrain » d’images érotiques dans la presse surgissent dans les années 50-65, avec la « peopolisation » de l’information. À l’arrivée des magazines, les photos deviennent aussi importantes que le texte. Celles-ci prennent de plus en plus de place et bouleversent le rapport vie publique/vie privée. En Belgique aussi, les photos de célébrités (exclusivement féminines) en tenue affriolante viennent côtoyer les figures politiques sur les unes des quotidiens populaires. Dans La Meuse, les concours de Miss et les « confidences » d’actrices sont prétexte à montrer. Comme le décolleté plongeant de Claudia Cardinale en 1966.
À la fin des années 60 et l’euphémique « libéralisation des mœurs », on voit …