4min

La dernière lourdeur ?

« La babe du jour »

Vendre du papier avec des photos de cul. Une stratégie sexiste longuement éprouvée dans la presse britannique. Et en Belgique ? La plus grosse saillie fut « la babe du jour » de La Dernière Heure. Une pratique d’un autre temps ? Pas du tout, elle n’a disparu qu’en… 2018.

image0
Marie Theurier. CC BY-NC-ND

Dans les médias, les fins d’année apportent leur lot incontournable de rétrospectives. Ce 22 décembre 2017, la DH ne déroge pas à la tradition. Mieux que les films et les tubes de l’année, voici le millésime des « babes ». Après une brève analyse des gagnantes, la rédaction annonce joyeusement la couleur pour l’album de l’année suivante, qui récompensera « la présentatrice météo la plus sexy du monde ».

Sexe et médias ont une liaison aussi vieille que Gutenberg. De l’invention de l’imprimerie à celle de la photo et d’internet, les contenus pornographiques ont circulé grâce aux outils médiatiques et les ont façonnés en retour. Un compagnonnage qui a parfois abouti à un croisement de genres.

Comme le résume la chercheuse en sciences des médias Laurence Mundschau (dans « Le people dans la presse illustrée belge des années 1950 »), les prémices de ce « glissement de terrain » d’images érotiques dans la presse surgissent dans les années 50-65, avec la « peopolisation » de l’information. À l’arrivée des magazines, les photos deviennent aussi importantes que le texte. Celles-ci prennent de plus en plus de place et bouleversent le rapport vie publique/vie privée. En Belgique aussi, les photos de célébrités (exclusivement féminines) en tenue affriolante viennent côtoyer les figures politiques sur les unes des quotidiens populaires. Dans La Meuse, les concours de Miss et les « confidences » d’actrices sont prétexte à montrer. Comme le décolleté plongeant de Claudia Cardinale en 1966.

À la fin des années 60 et l’euphémique « libéralisation des mœurs », on voit …

Lire, en toute liberté

Cet article semble vous intéresser. Vous pouvez lire la suite à votre aise : c’est un cadeau. Il suffit de cliquer sur le bouton blanc, ci-dessous.

Nos contenus doivent être accessibles au plus grand nombre. La période découverte (bouton jaune) vous donne gratuitement accès à l’ensemble de nos articles durant 15 jours, sans engagement.

Ensuite, si vous estimez que notre travail journalistique indépendant (vous) est utile, vous pourrez toujours nous apporter votre soutien en vous abonnant. Merci

Un journalisme exigeant peut améliorer notre société. Voulez‑vous rejoindre notre projet ?

La communauté Médor, c’est déjà 3504 abonnés et 2106 coopérateurs

Médor ne vous traque pas à travers ses cookies. Il n’en utilise que 3 maximum pour la sécurité et la navigation.
En savoir plus