11min

Partir ou rester ?

Asile

Centre_Oignies-2
Colin Delfosse. CC BY-NC-ND.

C’est un village dans le village. Il y a vingt ans, le centre Croix-Rouge pour demandeurs d’asile Chantecler prenait ses quartiers à Oignies-en-Thiérache (Viroinval). Depuis, 5 000 personnes sont passées par ce lieu d’accueil. Et quand elles obtiennent un titre de séjour, une question s’impose à elles : s’établir dans ce village de campagne ou tenter sa chance ailleurs ?

Assis sur la banquette arrière de son taxi, Pierrot sent la moiteur de ses paumes posées sur ses genoux. Dans sa rétine se reflète un paysage wallon verdoyant qui le déconcerte un peu. Il a quitté Bruxelles il y a une bonne heure, où un agent du CGRA l’a mis dans un taxi en lui lâchant un « On va te traiter comme un ministre » qu’il a eu du mal à interpréter. Il apprendra plus tard que, d’ordinaire, les demandeurs et demandeuses d’asile rejoignent les centres d’accueil en train.

Le chauffeur semble lui aussi tout ignorer de leur destination. Quand son passager lui demande où ils vont, il répond : « Je ne sais pas. Je ne fais que suivre mon GPS. » Chimay, Couvin, Viroinval… Pierrot se concentre pour fixer ces noms exotiques dans sa mémoire. La voiture roule sur de longs serpents de bitume cabossés par endroits, emprunte des lacets en béton bordés d’arbres. Et puis des murs en grès, des pierres grises et beiges qui recouvrent les façades des maisons. Le trajet dure une éternité, peut-être plus. Au bout d’une route plus étroite que les autres, le taximan met son clignotant et tourne à gauche.

Il se gare sur le parking faisant face à un bâtiment plus large que haut et aux châssis bordeaux. Ça ressemble à une maison, mais en plus grand.

C’était le 2 juin 2022. Pierrot pense alors qu’il en …

Lire, en toute liberté

Cet article semble vous intéresser. Vous pouvez lire la suite à votre aise : c’est un cadeau. Il suffit de cliquer sur le bouton blanc, ci-dessous.

Nos contenus doivent être accessibles au plus grand nombre. La période découverte (bouton jaune) vous donne gratuitement accès à l’ensemble de nos articles durant 15 jours, sans engagement.

Ensuite, si vous estimez que notre travail journalistique indépendant (vous) est utile, vous pourrez toujours nous apporter votre soutien en vous abonnant. Merci

Un journalisme exigeant peut améliorer notre société. Voulez‑vous rejoindre notre projet ?

La communauté Médor, c’est déjà 3595 abonnés et 2103 coopérateurs

Médor ne vous traque pas à travers ses cookies. Il n’en utilise que 3 maximum pour la sécurité et la navigation.
En savoir plus