4min

Maman n’est pas sur la photo

Nos albums de famille

Caractérisé par son odeur de quasi-moisi et sa couverture aux liserés dorés-démodés, l’album photos de famille relate les grandes étapes de nos petites vies. Et dévoile les dynamiques genrées au sein du foyer.

MPC 2000_768
Archives du Musée de la Photo. Tous droits réservés

« Tellement ! », « Tellement… », « Mais tellement ! Je suis tellement peu présente dans les albums des garçons. » Les réactions affluent dans la boîte de réception de Juliette Mogenet. La Bruxelloise vient de partager ceci, sur Instagram : « Mères de famille, on vous prend en photo, vous ? » À cette question, elle répond qu’il y a « 100 fois plus de photos de mes enfants avec leur père, leurs grands-parents, leurs ami·es, leur chat… qu’avec moi qui pourtant suis celle qui passe 10 fois plus de temps avec eux que toutes les personnes citées ci-dessus ».

La question, d’apparence anodine, a déclenché chez elle, ses amies et des centaines d’inconnues sur les réseaux, une prise de conscience collective.

Elles sont « tellement » dans ce même cas, éclipsées des souvenirs photographiés, réalisent-elles en chœur. Alors oui, « y’a pire dans la vie », tempère Juliette. Mais pour elle, qui est mère de deux enfants, ce phénomène « s’inscrit dans une toile beaucoup plus large de déséquilibres dans la prise en charge du travail domestique ».

Cette responsabilité de capturer la vie de famille endossée par les mères a pourtant été, par certains aspects, « une victoire des femmes sur la technique ». C’est ce que postule la sociologue et photographe Irène Jonas, dans son article « La photographie de famille : une pratique sexuée ? ». Pour le comprendre, il faut rembobiner un peu l’histoire de la photographie amateur et des albums de famille.

Pratique de bonhomme …

Lire, en toute liberté

Cet article semble vous intéresser. Vous pouvez lire la suite à votre aise : c’est un cadeau. Il suffit de cliquer sur le bouton blanc, ci-dessous.

Nos contenus doivent être accessibles au plus grand nombre. La période découverte (bouton jaune) vous donne gratuitement accès à l’ensemble de nos articles durant 15 jours, sans engagement.

Ensuite, si vous estimez que notre travail journalistique indépendant (vous) est utile, vous pourrez toujours nous apporter votre soutien en vous abonnant. Merci

Un journalisme exigeant peut améliorer notre société. Voulez‑vous rejoindre notre projet ?

La communauté Médor, c’est déjà 3521 abonnés et 2106 coopérateurs

Médor ne vous traque pas à travers ses cookies. Il n’en utilise que 3 maximum pour la sécurité et la navigation.
En savoir plus