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La fonte des traces

Nos territoires graphiques

fonte-police

Façonnées par la fille d’un lettreur sur vitrine schaerbeekois, les lettres de la fonte Crickx ont marqué durablement le paysage visuel de cette commune bruxelloise. Une histoire de famille et de quartier qui en raconte une autre : celle d’une typographie vernaculaire.

En 1999 encore, les lettres découpées de Christelle marquaient les vitrines de docteurs, coiffeurs, snacks à dürüms et night shops de l’avenue Rogier à Schaerbeek. Un paysage de quartier modelé par une typographie familiale et par une histoire de quartier.

Il y a 50 ans, les lettreurs peignaient les lettres des enseignes directement sur chaque vitrine, en fonction de la commande. Le père de Christelle, lettreur-inventeur, décide de découper à la main et en atelier les lettres demandées dans des feuilles de vinyle fluo, puis de venir les placer chez ses clients.

Quand sa santé se dégrade en 1975, sa fille Christelle prend le relais et transforme l’atelier en magasin. Comme elle ne veut pas placer les lettres sur les vitrines, elle va en produire un stock et le vendre directement à la pièce. Elle ne sait pas qu’ainsi, elle transforme discrètement mais radicalement l’alphabet paternel.

Coups de lame

Le quartier schaerbeekois de Christelle, comme d’autres coins de Bruxelles et Liège, voit fleurir ce lettrage particulier. Mais, souvent, les clients du magasin reviennent se plaindre : lettres qui dépassent, arrondis difficiles à aligner… La voilà qui rabote les rondeurs des lettres sur les quatre côtés. « Ils disaient toujours “C’est trop grand !” J’ai décidé de faire la même taille pour toutes les lettres, j’en avais marre ! Maintenant, il paraît plus petit, c’est optique. Je me suis adaptée, tant pis. » Sans formation typographique, Christelle modifie peu à peu la logique calligraphique qui régissait l’alphabet paternel. Et de ces …

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