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Il est pas frais mon boeuf ?

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Du bœuf et du gibier dégelés, recongelés puis vendus avec de fausses étiquettes, du saucisson de jambon juste bon pour le chien : en 2018, un nouveau scandale a frappé le secteur de la viande. Un an plus tard, rien n’est réglé. Précarité du contrôle sanitaire, conflits d’intérêts, luttes politisées entre puissants Liégeois et Ardennais « mafieux ». La guerre du steak est déclarée.

À la veille de la Saint-Nicolas 2018, un boucher prénommé Danny a pointé sa longue carcasse à l’heure dite au commissariat de Marche-en-Famenne, situé rue Notre-Dame de Grâces. Il avait apporté avec lui une expérience de 30 ans dans un magasin chic de Bruxelles puis à l’abattoir de Bastogne, contrôlé par la famille Verbist, un des trois plus grands producteurs de viande du pays. L’histoire ne dit pas si Danny était vêtu d’une tunique blanche ou bleue ou ni s’il pleuvait ce jour-là, mais ses déclarations ont été tranchantes comme des couteaux. Avec ses galons d’ancien responsable de l’atelier de découpe, proche de la direction, il régla ce jour-là le compte des sociétés Veviba et Gibier d’Ardenne, deux filiales du groupe Verbist, qui fournit Delhaize, Colruyt, Carrefour ainsi que 30 % du marché belge. Son réquisitoire a chamboulé l’estomac des policiers.

Danny raconta que le patron de Gibier d’Ardenne demandait de truquer les palettes bientôt arrivées à la limite de consommation. Des sacs sous vide « gonflés comme des ballons de foot » tellement le civet avait fermenté. La consigne ? Retarder la date de péremption. « Colruyt commandait 55 tonnes de gibier, témoigne notre boucher, et le boss exigeait de dégeler, découper et recongeler avec l’étiquette “Pologne” alors que, j’en suis sûr, la viande venait d’Espagne, où elle est de moins bonne qualité et moins chère. » Un client …

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