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Les petits secrets de la guerre belge en Irak

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David Evrard. Tous droits réservés.

27 mois, 9 500 heures de vol et 999 bombes. Les F-16 belges ont achevé leurs missions en Irak avec un bulletin sans la moindre tache officielle : 97 % de cibles touchées et aucune victime civile. Interloqué, « Médor » est retourné dans les gravats de Mossoul pour vérifier ce bilan, et y a trouvé beaucoup d’opacité… ainsi qu’un Verviétois.

Mossoul, dans un quartier de la rive occidentale du Tigre. L’équipe de secouristes s’active autour d’un cratère creusé par une bombe, mais il n’y a plus personne à sauver. Sous le soleil brûlant, on devine les morts à leur odeur.

La famille d’Ammar Mouhammad a été décimée lorsqu’une frappe aérienne a visé la maison dans laquelle ils avaient trouvé refuge. À présent, avec l’aide de pompiers, il espère exhumer leurs corps ensevelis sous des collines de gravats et de souvenirs broyés. « Nous avons travaillé dans toutes les régions d’Irak, comme Falloujah, Ramadi ou Salâh ad-Dîn, explique le major Saad Nawzad Rasheed, responsable des fouilles. Mais je n’avais jamais vu quelque chose comme Mossoul-Ouest. Je n’avais jamais vu autant de destructions et de civils tués. »

Nous sommes en mai 2017. La deuxiè­­­- me plus grande ville d’Irak est, depuis six mois, le théâtre de l’une des pires batailles urbaines depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. À moins de trois pâtés de maisons de la ligne de front, la tractopelle grince, tangue, puis finit par arracher un bloc de béton criblé de barres d’acier qui ondulent comme des vers de terre. Un murmure parcourt soudain l’assemblée : les fouilles pour exhumer la famille ont, à la place, mis au jour l’un des missiles qui ont frappé l’habitation. Celui-ci n’a pas explosé. L’équipe de secouristes décide d’arrêter net les fouilles, devenues trop dangereuses. « C’est un désastre. C’est un désastre… », répète Ammar Mouhammad, la gorge nouée.

Aujourd’hui, …

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