Rapport d’activités et compte-rendu de gestion 2019

L’année 2019 a été intense.

Ces 12 mois nous en effet permis de doubler notre offre éditoriale en proposant une toute nouvelle plateforme web, laquelle change radicalement notre relation aux lectrices et lecteurs. Durant la période automnale, lors des Médor Tours nous avons eu l’occasion de mener une nouvelle expérience d’investigation en résidence dans 4 villes wallonnes, afin de mieux cerner les problématiques locales pour en extraire des enjeux globaux.

La rédaction de Médor

Le magazine continue son petit bonhomme de chemin. Tout au long de l’année 2019, quatre numéros sont sortis en bonne et due forme. Ils ont été tous les quatre coordonnés à tour de rôle par Quentin Noirfalisse, Philippe Engels, Chloé Andries, Céline Gautier et Olivier Bailly.

Le visuel de Médor

Les illustrations des numéros de 2019 ont continué à servir les objectifs, soit dynamiser et donner vie aux articles présents dans les pages de Médor. Chaque numéro a été coordonné par un ou deux pilotes visuels.

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Médor n°14 : Quentin Noirfalisse et Philippe Engels, accompagnés, pour les visuels, par Colin Delfosse

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Médor n°15 : Chloé Andries et Céline Gautier, accompagnées, pour les visuels, par Ismaël Bennani et Orfée Grandhomme

Ismael Bennani et Orfée Grandhomme. Tous droits réservés
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Médor n°16 : Olivier Bailly et Philippe Engels, accompagnés, pour les visuels, par Stéphane Noël

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Médor n°17 : Chloé Andries, Quentin Noirfalisse et Céline Gautier, accompagnés, pour les visuels, par Colin Delfosse

None. CC BY-NC-ND

Medor.coop

2019 aura été pour Médor l’année du web : 8 mois pour élaborer l’offre éditoriale, le fonctionnement du site et les actions de participation puis 4 mois pour expérimenter le tout avec nos membres. Depuis mi-septembre une toute nouvelle plateforme complète l’offre papier.

Une initiative visant trois objectifs principaux :

  • renforcer la mission du magazine et en augmenter l’impact social (donc le nombre de lectrices et lecteurs)
  • rester un laboratoire journalistique en tentant une nouvelle relation avec les membres : passer d’une relation top-down à une relation bottom-up via des actions ciblées de participation.
  • sortir du carcan du « trimestriel » et s’essayer à de nouveaux formats.

La plateforme n’a pas la vocation de remplacer ou de se superposer aux numéros papiers. Les deux médias se veulent complémentaires. Chaque numéro papier se retrouve sur le web à cela s’ajoute des enquêtes exclusives, mais aussi des « séries » permettant, de creuser plus un sujet et de développer des actions spécifiques de participation.

La plateforme a été mise en place le 15 septembre.

Dès le départ deux thématiques ont été développées, l’idée étant d’arriver à cinq en vitesse de croisière – ce qui est le cas depuis le printemps 2020.

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Cyril Elophe

1) La douleur des belges

Une enquête sur les opioïdes, drogues dures mais 100 % légales, qui inondent la Belgique et nous rendent accros.

Dans ce cadre, Médor a récolté les témoignages des patients traités par ces médicaments dans le cadre de douleurs chroniques. Il leur a été posé les questions suivantes : Êtes-vous correctement suivi ? Ces substances sont-elles bénéfiques dans votre traitement ? Vous sentez-vous dépendants ?

Près de 45 témoignages, venant de Wallonie et de Bruxelles, ont été publiés sur notre site. Ils complètent une cartographie représentant les patients non cancéreux traités pendant un an par des anti-douleurs opioïdes. Cette carte a été réalisée par Médor à partir des données des affiliés des Mutualités chrétiennes.

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Nadia Diz. Tous droits réservés

2) Boule à facettes : Médor serait-il trop blanc, trop mec, trop chiant ?

Cette thématique met en lumière les questionnements et les solutions que propose Médor en termes de diversité. Ici aussi, un mur de témoignages a été lancé pour toute journaliste ou collaboratrice d’une rédaction belge victime de sexisme (de la remarque machiste jusqu’au harcèlement). Plus d’une quarantaine de témoignages ont été récoltés.

En parallèle, un baromètre de la diversité a été effectué sur le Médor 14.

Nous avons demandé à Sabri Derinöz, chercheur en sciences sociales, qui a participé aux baromètres diversité et égalité du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) et de l’Association des journalistes professionnels (AJP), de screener tous les articles en utilisant une version allégée de la méthodologie AJP pour nous dire « À quoi ressemble la société qu’on dépeint dans Médor ? »

Médor Tour

De début octobre à fin novembre, les journalistes et photographes de Médor sont partis à la rencontre des habitants de 4 villes de Wallonie et ils y ont préparé des sujets locaux avec leur appui (identification de sujets, d’informateur·trice·s, récolte de données, d’infos, de témoignages). Les villes en question ont été : La Louvière, Lasne, Huy et Arlon. Ces « résidences » étaient préparées bien à l’avance et répondaient toutes à la même méthodologie : la question (l’enquête qui structure la semaine), le portrait, les invisibles (témoignages d’un public non visible), une visite guidée et au moins deux événements publics pour ouvrir et fermer le tour. Tout ceci était bien préparé en amont et restitué sur notre site internet.

Tout a commencé à La Louvière où Laurent Poma a accompagné avec ses photos les journalistes Philippe Engels, Olivier Bailly, Catherine Joie et Julien Bialas. Au bout d’une semaine, les habitants de La Louvière et ceux d’ailleurs en Belgique (du particulier à l’universel !) auront pu en apprendre davantage sur le projet de centre commercial et récréatif La Strada et sur les relations tempêtueuses entre la ville et le promoteur immobilier, sur la vie au sein d’un Cora (via un portfolio) et sur la carrure exacte du bourgmestre louviérois.

Deuxième destination : Lasne. Avec des changements dans l’équipe : en plus de Philippe E. et de Catherine J., c’est Sandrine Warsztacki, journaliste et Colin Delfosse, photographe, qui ont fait vivre le Médor Tour de Lasne. Encore une fois, l’équipe s’est mélangée aux habitants pour, au final, parler SUV et omniprésence de la voiture, sentiment d’insécurité et organisation des loisirs.

Huy a accueilli la troisième étape et la troisième équipe de Médoriens, composée de Julien B., Olivier B. et Alix Dehin. À la photo, nous avions Serena Vittorini. Dans cette troisième manche de rencontres avec des habitants, les représentants de Médor ont pu raconter les histoires de l’homme aux 100 maisons, le parcours d’une communauté albanophone, l’omniprésence des tox’ ou encore la division de la ville en deux (ou en quatre même).

Pour la dernière et ultime destination du Médor tour, l’équipe a changé du tout au tout. Ont débarqué aux confins de la Belgique : Katherine Longly à la photo, Quentin Noirfalisse, Anne-Cécile Huwart, Grégoire Comhaire aux postes de journalistes et David Stampfli pour le son. Cette fois-ci, l’équipe est venue décortiquer une de ces ZAD (zones à défendre) qui font couler beaucoup d’encre, analyser les liens unissant Arlon et le Luxembourg, mais également comprendre la disparité d’hôpitaux en zone transfrontalière.

Bravo Médor…

On n’a pas oublié Médor en 2019 : ses journalistes ont su augmenter leur notoriété. On les a récompensés pour ça :

David Leloup a remporté le prix du Triangle Rouge d’Or grâce à ses publications politico-financières notamment parues dans Médor. Ce prix est décerné à l’initiative de Resistances.be, le web-journal de l’Observatoire Belge de l’extrême-droite et l’asbl MRAX.

Anne-Cécile Huwart a été nominée (déjà pas mal !) au prix de la presse Belfius pour son reportage sur le décès d’une personne âgée et isolée.

Philippe Engels s’est vu décerner le prestigieux prix de la Fondation Trace International (à Vancouver) pour son article consacré à la firme belge Semlex cosigné avec la journaliste sud-africaine Khadija Sharife du consortium international OCCRP.

Médor dans les médias

Pour rappel, Médor est un des rares médias ayant son propre attaché de presse. C’est une façon aussi de rendre visible notre contenu. La RTBF et BX1 ont été les médias qui ont le plus invité sur leurs plateaux nos journalistes.

En voici une liste chronologique :

01/03 : Benjamin Moriamé intervient sur RTC Télé Liège pour parler de son enquête sur la standardisation des céréales ;

06/03 : Quentin Noirfalisse est invité sur La Première pour expliquer l’enquête qu’il a réalisé sur l’entreprise Socfin, un mania de l’huile de palme ;

06/03 : Sandrine Warsztaski, même jour, même radio, elle est pourtant là pour parler du recyclage du plastique en Belgique ;

06/03 : Sandrine enchaine les interviews en passant également sur BX1 pour aborder la même enquête sur le recyclage du plastique ;

07/03 : Camille Crucifix vient parler de ‘’bébé placé, bébé abîmé’’ sur La Première, une enquête signée de sa plume ;

12/03 : Eric Walravens passe sur Radio Panik et est interviewé sur son enquête ‘’Traite sous néons rouges’’ ;

29/03 : Eric intervient sur Radio Campus Bruxelles pour aborder également son enquête ‘’Traite sous néons rouge’’ ;

31/05 : Philippe Engels est convié sur le plateau de BX1 afin de développer ce qu’il a découvert à travers son enquête sur Veviba suite au scandale de la viande ;

09/06 : Céline Gautier va à la RTBF afin d’aborder le thème de la diversité dans les médias ;

01/07 : Philippe se rend dans les studios de La Première pour parler de son prix obtenu auprès de la Fondation Trace International de Vancouver. Ce prix décerné pour son enquête sur la firme Semlex ;

10/10 : L’équipe du Médor Tour (Philippe Engels et Esteban Debrulle) est invitée sur le plateau d’Antenne Centre (La Louvière) ;

23/10 : TV Com vient à Lasne suivre le feuilleton n°2 du Médor Tour ;

24/10 : Quentin fait l’objet d’un podcast chez Ginkio pour l’intitulé ‘’Investigation en circuit court’’ ;

13/11 : Quentin se déplace jusqu’à la RTBF pour parler de la ‘’nouvelle vie de Médor’’ ;

05/12 : David Flipamst présente sur BX1 des podcasts du Médor Tour Arlon ;

09/12 : Chloé Andries apparait sur BX1 dans le but d’expliquer la genèse de Médor ;

10/12 : Philippe passe sur TVCom (Brabant Wallon) pour aborder également la genèse de Médor ;

19/12 : Aubry Touriel est invité chez Radio Panik pour parler du bouclage du ring d’Anvers, l’objet de l’une de ses enquêtes ;

16/12 : Olivier Bailly passe une interview de 48 minutes sur le média Disobey afin de discuter du journalisme d’investigation.

Les événements clés de Médor en 2019

9/03 : première après-midi de tables-rondes avec les lecteurs et les coopérateurs pour la mise en action des Médor tours et de la plateforme web

12 et 13/03 : participation au séminaire de Birmingham organisé par l’European Journalism Center (EJC). Rencontre du réseau de jeunes initiatives journalistiques, lauréates de la bourse The Accelerator

19/03 : Préparation et test grandeur nature du concept Médor Tour dans le cadre du programme Pilote.Media

27/04 : deuxième après-midi de tables-rondes avec les lecteurs et les coopérateurs pour la mise en action des Medor tours et du nouveau site web

25/05 : Assemblée Générale annuelle

17 au 19/06 : participation à un séminaire organisé, à Berlin, par l’EJC

17/07 : Lancement de la bourse Médor « Journalisme et diversité »

13/09 : Mise en ligne de la nouvelle plateforme web

26/09 : Atelier rédaction ouverte - Médor Party : lancement « officiel » de la nouvelle formule

7 au 11/10 : Médor Tour La Louvière

21 au 23/10 : Médor Tour Lasne

4 au 9/11 : Médor Tour Huy

5 et 6/11 : participation à un workshop à Budapest - debriefing du projet de développement - avec les autres lauréats de la bourse The Accelerator de l’EJC

25 au 30/11 : Médor Tour Arlon

Médor et la diffusion

Le changement éditorial s’est accompagné d’un changement du prix de l’abonnement. Désormais, un abonnement coûte 90€ (54€ pour les bas revenus et 125€ pour l’abonnement de soutien). Il est aussi possible de payer par tranches, chaque mois, via un ordre permanent. Ce sont les lecteurs qui restent maîtres de leur dépense. Une possibilité de tester gratuitement le site pendant un mois a aussi été développée.

Ce changement de prix et de façon de faire a eu comme conséquence de devoir implémenter des changements importants dans notre CRM d’Odoo. Un travail pris en charge par la coopérative Coop IT easy.

Les articles web sont diffusés via les réseaux sociaux, et différentes types de newsletters pour garantir la plus-value de l’adhésion à nos lecteurs. Chaque membre à d’autre part le droit de diffuser gratuitement tous les articles du site, simplement en partageant l’url. La diffusion « papier » reste inchangée par rapport aux années précédentes. Médor est accessible dans la plupart des librairies (diffusion directe) et des kiosques de presse (diffusion via Tondeur), ainsi que 30 % des magasins du monde Oxfam, dans certaines coopératives alimentaires et à l’accueil que quelques lieux culturels. Ces derniers nous permettent de participer à l’action de l’asbl Article 27 qui rend la culture (et l’information !) accessible à toutes et tous. Depuis avril 2017, les personnes détentrices d’un ticket Article 27 peuvent se procurer Médor à Bruxelles et en Wallonie pour 1,25€. Dans ce cadre, Médor s’engage également à organiser des ateliers « connaissance des médias » (maximum 2 par trimestre) pour les acteurs sociaux inclus dans le partenariat (centre de psychologies, maison de jeunes, CPAS…)

Médor continue de soutenir ses partenaires de vente et donc, notamment les librairies indépendantes en leur proposant un système de dépôt-vente, une commission de 30 % par numéro vendu, une relation sans intermédiaire pour les commandes, une livraison à vélo flexible et rapide. A noter que 3 de nos libraires sont tombées en faillite en 2019.

Le compte-rendu de gestion 
Médor en quelques chiffres

Le Conseil d’administration et son fonctionnement

Si la rédaction est le coeur de Médor, le Conseil d’administration (CA) en est la tête. Pendant l’année 2019, le CA de Médor était composé de 3C (représentants des coopérateurs) et 4F (représentants des fondateurs).

Le CA s’est réuni 10 fois. Pour rappel, le poste d’administrateur est bénévole. Un budget de 45 euros est dégagé à chaque réunion pour se sustenter. Chaque administrateur prend en charge la coordination de la réunion (et du repas) à tour de rôle. Le CA prend des décisions stratégiques et soutient la directrice dans l’opérationnel. Cette dernière a un mandat lui permettant de prendre seule toute décision dont les conséquences ne dépassent pas un an et 35 000€.

Les principales décisions du CA ont été les suivantes :

  • Stratégie de développement général.
  • Stratégie financière : réalisation des plans financiers et suivi de ceux-ci. Mise en place de la levée de fond. Recherche de financements.
  • Stratégie organisationnelle, notamment dans la définition des profils de l’équipe de « sortie d’usine ».
  • Stratégie de communication et de marketing, et suivi des actions.
  • Mise en place et suivi des indicateurs de vente.
  • Organisation de l’AG.

L’équipe et son fonctionnement

L’équipe de Médor se compose de deux pôles

1) Le pôle entreprise :

Il fait en sorte e.a. que Médor soit chaque trimestre dans vos boîtes aux lettres ou votre librairie, qu’on en parle au maximum et que les collaboratrices et collaborateurs soient payé·e·s à temps.

Il élabore aussi des scénarios stratégiques soumis au CA et a pour membres :

  • une « Fakira » (directrice) : Laurence Jenard
  • une responsable communication et diffusion : Tiffany Lasserre
  • un responsable participation (engagé en juillet 2019) : Esteban Debrulle

Nous remercions aussi Mathias Delmeire et Dominique Junne venus renforcer l’équipe pendant le congé de maternité de Tiffany.

2) Le pôle éditorial :

Il travaille au contenu du Médor papier et du site web. Médor fonctionne, depuis ses débuts, selon un principe de responsabilités tournantes.

Pilotes journalistes (rédacteurs et rédactrices en chef papier et web) : Chloé Andries, Olivier Bailly, Philippe Engels, Céline Gautier, Quentin Noirfalisse.

Pilotes visuels : Ludivine Loiseau (OSP), Alex Leray (OSP), Quentin Jumelin (deal), Morgane Le Ferec (deal) et Colin Delfosse (photographe).

Les principaux chiffres de l’entreprise en 2019

65 % du budget a été consacré au contenu : réalisation des 4 numéros papiers, participation aux Médor tours, exclu web,…

Le développement web de Medor a coûté 86 049,25€ d’investissements (développement, graphisme, textes génériques de la plateforme web et les études de faisabilités liées). Il est amorti sur 5 ans.

68 350€ ont été récoltés dans le cadre de notre levée de fonds (1er phase). La Sowecsom, comme prévu dans la convention nous a doublé la majorité de celles-ci et a donc acheté de son côté 3 250 parts soit 65 000€.

40 000 exemplaires papier sont sortis de l’imprimerie soit 10 000 par numéro. En moyenne, 6 625 exemplaires ont été vendus par trimestre : 2 725 (40 %) via les abonnements et 3 900 (60 %) en vente à l’unité.

Au moins 58 500 marches d’escaliers ont été montées et/ou descendues avec ou sans Médor dans les mains dans le cadre de ces activités.

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