Chômage :
le début de la fin
Portfolio
1975 marque le début du chômage de masse en Belgique. Cinquante ans plus tard, alors que les allocations de chômage connaissent une profonde réforme, Médor s’est plongé dans les archives photo de l’agence Guyaux pour raconter cette période charnière.
En 2026, près de 200 000 Belges ont été ou vont être exclus du chômage selon l’ONEM. La coalition Arizona limite désormais la durée des allocations à deux ans au maximum. Cette mesure rompt avec l’une des particularités historiques du système belge : le caractère illimité des allocations de chômage. Celle-ci s’inscrit dans une évolution amorcée il y a un demi-siècle, marquée par un glissement progressif d’une logique de protection sociale vers une politique d’activation et de responsabilisation des demandeurs d’emploi.
Au milieu des années 1970, la Belgique tourne la page des Trente Glorieuses. Le choc pétrolier provoque une crise profonde de l’industrie, tandis que la première génération du babyboum arrive sur le marché du travail et que les femmes sont de plus en plus nombreuses à chercher un emploi. « 1975, c’est vraiment l’année de l’explosion, rappelle Jean Faniel, directeur du Centre de recherche et d’information sociopolitiques (CRISP) et auteur d’une thèse consacrée aux relations entre syndicats et chômeurs. On passe de 100 000 chômeurs complets indemnisés en janvier à 170 000 en décembre, soit une hausse de 70 % en un an. Entre 1965 et 1984, le nombre de chômeurs est multiplié par cinq. »
Le chômage de masse s’installe durablement. Il ne quittera …