Commençons par une histoire.
Dans la Wallonie du XIXe siècle, un paysan trouve que son âne lui coute trop cher. Il le voit se goinfrer d’herbe, de paille, de blé, de foin, d’avoine. Il en a marre et décide de mettre à la diète sa bête de somme.
Commençons par une histoire.
Dans la Wallonie du XIXe siècle, un paysan trouve que son âne lui coute trop cher. Il le voit se goinfrer d’herbe, de paille, de blé, de foin, d’avoine. Il en a marre et décide de mettre à la diète sa bête de somme. Qui continue à porter. Plus difficilement. De jour en jour, la portion de nourriture est diminuée. L’âne meurt. Et le paysan s’exclame : « Quel dommage ! J’étais enfin arrivé à ce qu’il ne mange plus rien. »
Et si c’était l’histoire des services publics ?
Dans un contexte de plus en plus concurrentiel, nos entreprises à capitaux publics doivent fournir des services d’intérêt général avec de moins en moins de moyens. Le cas de notre poste nationale est emblématique. Son métier de base s’écroule (transporter la carte postale de tante Audrey en vacances à la Côte d’Azur). Il se transforme radicalement (livrer les chaussures d’occase de tonton Jérôme) face à une concurrence exacerbée. Celle d’Amazon, par exemple, peu regardant aux enjeux collectifs comme la protection des travailleurs.
Imaginons un reset : l’État protège les missions publiques de son entreprise, la place dans un contexte favorable et empêche la course effrénée de livreurs jusqu’à 22 h pour le dépôt de colis à trois euros venant de Shanghai. On peut rêver…
C’est expliqué dans « Le diable dans la boite » (p. 60), Bpost vit aujourd’hui ce dilemme. Son contrat de gestion à renouveler devra, sous l’Arizona, « intégrer un objectif de réduction des couts de 50 millions d’euros …