« Dans un pays juste, il n’existerait pas d’allocataires sociaux »
Bert Engelaar
Traduction : Thomas Lecloux
Texte : Tomas Vanheste (Apache)
Illustrations (CC BY-NC-ND) : Lucas Furtado & Lucas Furtado
Publié le
En l’espace d’un an, Bert Engelaar s’est imposé comme un redoutable pourfendeur du gouvernement De Wever. Le 1er janvier 2026, le syndicaliste rouge a pris la tête de la FGTB. Dans un récent livre cosigné avec un slameur, il démasque la vision du monde et de l’humain portée par la coalition Arizona. « J’entends beaucoup dire comment on va pourchasser et sanctionner les gens, dit-il, mais très peu comment on compte réellement les aider. »
Le slameur et délégué syndical Bekvegter – alias Martijn Nelen – est déjà installé lorsque Bert Engelaar entre en trombe dans son bureau, fin 2025. « Je n’ai encore jamais donné d’interview en duo avec un véritable ami. J’ai été interviewé avec Pieter Timmermans, de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), et avec Frank Beckx, du Voka (Réseau flamand des entreprises), mais c’était dans des face-à-face », lance Bert Engelaar. Au moment de l’article traduit ici, il était encore secrétaire général de l’ABVV, l’aile flamande de la FGTB. Le 1er janvier, il est devenu le président du syndicat socialiste, en remplacement de Thierry Bodson. « Ah bon, nous, on est dans la même équipe ? », plaisante Bekvegter face à Engelaar.
Les deux hommes, qui se connaissent sur le bout des doigts, sont les principaux auteurs du livre Kort door de bocht (il n’y a pas de version française ; on pourrait traduire le titre par « Juste avant le virage »). Dans cet ouvrage, ils soutiennent que l’Arizona non seulement se positionne comme le gouvernement le plus à droite de mémoire d’homme, mais de surcroît forge « un nouveau langage, donc une nouvelle réalité ». Dans des textes parfois lyriques, mais souvent incisifs, ils examinent les mots, les métaphores et les slogans que manient le Premier ministre Bart De Wever et ses vassaux pour façonner les perceptions.
Prenons le mot overheidsbeslag, qui désigne les dépenses publiques mais peut se traduire aussi par « l’emprise » de l’État, voire « l’accaparement de l’État ». Ce …