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La Belgique s’en va-t-en cyberguerre

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Émilie Gleason. CC BY-NC-ND.

Au moins 70 000 systèmes informatiques sont vulnérables en Belgique. Certains ont subi des intrusions, à l’instar des serveurs de l’armée, mais aussi du SPF Intérieur ou des hôpitaux. Nos institutions constituent la cible de cyberattaques répétées. L’exécutif fédéral rêve la Belgique comme un leader international de la cybersécurité et veut déployer un bataillon de soldats du Web. Des ambitions qui paraissent surréalistes, faute de moyens et de personnel.

Mise en quarantaine. Le 15 décembre 2021, les informaticiens de l’armée belge détectent un trafic suspect sur un de leurs serveurs. L’activité anormale se propage dès le lendemain, ailleurs sur le système. Le commandement décide alors de rompre tous les liens entre leurs réseaux et Internet. « Il n’y a pas eu d’impact sur nos opérations militaires extérieures, mais tous nos services fonctionnaient en autarcie », nous souffle un contact à la Défense. La situation durera plus d’un mois.

Lorsqu’on envoyait un mail à un destinataire dont l’adresse se termine par le domaine militaire @mil.be, le serveur répondait alors automatiquement par un message d’erreur Mail Delivery System. Une communication succincte en trois langues assurait que l’envoi serait traité « dès la connexion rétablie ». Un protocole classique pour laisser le temps aux informaticiens de passer au peigne fin les structures, les sauvegardes et les e-mails entrants, et de réduire toute possibilité d’attaque…

Un moindre mal, serait-on tenté de conclure. Qui ne s’est jamais fait pirater une boîte mail perso ou du bureau ? Sauf qu’il ne s’agit pas ici d’un simple vol de mot de passe, mais d’une attaque contre le « dernier rempart de la sécurité nationale ». Un cas symbolique qui a forcé la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder (PS), à réagir, tout en maintenant un certain degré de confidentialité sur le sujet. Lorsque, fin janvier, le député Theo Francken (N-VA) l’a interpellée en commission parlementaire quant aux implications concrètes de cette attaque, elle a en effet requis le huis …

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