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[Médor] Accidents du travail. Enquête à lire pour briser l'indifférence.
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"Les accidents du travail sont dus au travail"
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Évidence, direz-vous. Mais avec ces quelques mots, Véronique Daubas-Letourneux, sociologue interviewée pour la clôture de cette enquête, identifie clairement où se situe la responsabilité de ce fléau qui représente, chaque année, 100 décès et 200 000 déclarations d'accident. Ces chiffres pharaoniques sont les chiffres statistiques. A ceux-là doivent s'ajouter bien des cas qui échappent au signalement. Un accident du travail n'est pas un fait divers dont la victime serait également coupable; c'est un fait social, qui interroge l'organisation du travail, les priorités politiques, sociales et économiques actuellement à l’œuvre ainsi que les profondes inégalités de notre société. Cette investigation d'ampleur met tout en œuvre pour briser l'indifférence et déconstruire l'idée qu'un accident du travail est une fatalité, un simple fait divers. Chaque décès dans l'exercice de son travail est un décès de trop.
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Les victimes, qu’on entend rarement, occupent une place centrale dans cette vaste enquête inédite, déclinée en 7 parties. Leurs récits se rejoignent pour dépasser le cas par cas. S’y adossent les expertises de spécialistes du sujet.
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Dans son investigation, Médor explore les implications sociales, politiques, juridiques et personnelles des accidents du travail. Découvrez la série, en exclusivité sur notre site.
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7 portes d'entrée pour comprendre le poids du contexte
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Les épisodes se complètent et se suivent dans un ordre logique, mais peuvent également être lus indépendamment les uns des autres. L’épisode 1 : « L’horreur statistique » décrit le fait social qui rassemble tous ces « drames isolés ». Les accidents frappent avec une impitoyable régularité certains secteurs, certaines couches de la population. Emanuel et Angela en font partie.
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Les chiffres connus demeurent néanmoins partiels et n’offrent qu’une compréhension limitée de la sécurité du travail en Belgique. Dans l’épisode 2 : « Les oublis des statistiques », Karl, Raphaël et Abdul-Azim font part d’accidents qui ne se retrouvent dans aucun rapport officiel.
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Les récits des victimes rappellent aussi que les origines d’un accident dépassent la faute individuelle. Dans l’épisode 3 : « À qui la faute ? » les quotidiens de Guy, Gilles et Angela mettent en lumière des dysfonctionnements de notre organisation du travail. Pour certaines victimes d’ailleurs, l’accident du travail ne se limite pas au moment de sa survenue et marque le début du calvaire. Dans l’épisode 4 : « Peines perdues », le combat de Guido symbolise les difficultés à faire reconnaître la responsabilité d’une entreprise par la justice. Brigitte, elle, raconte dans l’épisode 5 : « Après l’accident » sa lente reconstruction personnelle, freinée par un litige avec une compagnie d’assurance. Les accidents du travail sont une question politique. Celle-ci est pourtant négligée depuis longtemps par les gouvernements, comme le détaille l’épisode 6 : « L’État en fait-il assez ? » Enfin, dans une interview de clôture, la sociologue Véronique Daubas-Letourneux traverse l’ensemble de la thématique et rappelle que les accidents du travail ne sont en rien une fatalité.
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Un autre dispositif accompagne cette enquête : Un lexique recense les concepts centraux, pour permettre une compréhension sans encombre des articles.
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Genèse de l'enquêteMédor ne s'est pas penché sur le sujet « par accident ». Ce n'est pas un fait imprévisible, soudain, grave qui a attiré son regard. Mais bien l'accumulation de ces faits prétendument « imprévisibles ». Régulièrement, la presse quotidienne relève des décès survenus durant une pratique professionnelle. Cette régularité, accompagnée de l'indifférence quasi totale des politiques, des entreprises et des syndicats, a incité Julien Bialas et Louis Van Ginneken à traiter ce sujet de manière plus large, pour en comprendre les véritables causes, bien plus systémiques qu'il n'y paraît. C'est en février 2022 que les deux journalistes abordent pour la première fois le sujet et leur envie d'y travailler ensemble. Démarrent ensuite les recherches préalables. Coïncidence : le lendemain de cette première discussion, le journal français Libération fait sa Une sur les accidents du travail. Les médias français ont plusieurs fois traité les accidents du travail comme un phénomène social. En Belgique francophone, cela n'a pas encore été nommé de la sorte. Il apparaît donc rapidement qu'une investigation en profondeur sur cette problématique serait d'intérêt public pour les Belges. La proposition est faite à Médor et un dossier est adressé au Fonds pour le journalisme. 1 ans plus tard, la vaste enquête est en ligne et ne demande qu'à être lue et partagée pour briser cette fatale indifférence. Julien Bialas et Louis Van Ginneken se sont rendus dans les studios de RCF Bruxelles pour raconter les principaux enjeux pointés dans ce travail. L'interview est à réecouter sur notre chaîne podcloud.
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Nos archives liées à l'enquêteDepuis 2015 nous écrivons pour dénoncer des injustices et nourrir le débat démocratique. L'enquête « Accidents du travail: une fatalité ? » regroupe plusieurs problématiques que vous pouvez retrouver, abordées de différentes manières, dans nos archives.
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Médor 30 : dès le 2 mars chez vous ou en librairie
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Médor 30 paraît la semaine prochaine. Bel aboutissement déjà. Entre le numéro 1, que la firme pharmaceutique Mithra avait tenté de faire censurer par la justice, et ce numéro 30, il y a eu des joies et des doutes. Et une question lancinante: à quoi sert-on, dans un monde en brasier ? Les conclusions de notre étude d'impact, accompagnée par la SAW-B, apportent un éclairage là-dessus. Elles seront rendues publiques dans le courant du mois de mars sur notre site. En attendant, voici un partie de réponse formulée par notre équipe rédactionnelle : nous sommes des porteurs de nouvelles, à côté de milliers d’autres porteurs de nouvelles. Ce numéro ne sera donc ni tendre ni tiède. Il ne se veut pas spécialement messager de bonnes nouvelles. Il sert, juste, à transmettre des informations pour nous mettre en capacité d’agir, à l'instar de cette enquête sur les accidents du travail. Dans notre premier numéro, nous écrivions: « Médor n’est pas un chien. Mais il commence à avoir une gueule. » Huit ans plus tard, il n’a toujours pas la gueule de l’emploi et n’entre dans aucune cage. Derrière nos couvertures surprenantes, nous continuons à arpenter les replis de notre vaste pays pour en comprendre les reliefs.
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Médor 30 paraît le 2 mars. Il vous reste une semaine pour devenir membre et le recevoir par la poste. C'est l'occasion ou jamais, puisque que les personnes abonnées recevront, en plus de leur exemplaire, un beau cadeau fait maison rappelant notre parcours, notre liberté et notre goût du jeu. Envie de jouer avec nous ? N'hésitez pas ! La souscription s'adapte aux capacités de votre portefeuille. Dès 4,5€/mois, soit moins que 2 cornets de frites, vous pouvez non seulement jouer, mais en plus accéder à toutes nos infos d'intérêt public. 3000 personnes sont actuellement membres de Médor. D'ici fin 2024, il faudra que nous ayons atteint les 5200 membres pour que le projet puisse rester tel qu'il est. Si vous appréciez notre travail et notre indépendance et souhaitez y apporter votre soutien, c'est le meilleur moyen de le faire. Merci
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