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La villa de Serge Kubla a été saisie pour cinq ans

Communiqué de presse

Médor révèle que l’ancien ministre Serge Kubla fait l’objet d’une mesure judiciaire rarissime dans le monde politique. Sa résidence principale a été saisie pour une période de cinq ans. Il s’agit d’une villa située au 103 de l’avenue du Manoir, à Waterloo. Le couple Kubla l’avait achetée le 4 août 1993 pour la somme de 19,5 millions d’anciens francs (l’équivalent de 500 000 euros). En cas de vente forcée, aujourd’hui, sa valeur serait égale ou supérieure à 1 million d’euros.

Villa Serge Kubla
Villa de Serge Kubla

 

Selon Médor, cette saisie à titre conservatoire s’inscrit dans le cadre d’une instruction judiciaire engagée il y a plus de trois ans et dans la perspective d’une citation directe de Serge Kubla devant un tribunal correctionnel, dès le début de 2018. A l’époque où il était encore député wallon et bourgmestre de Waterloo, Kubla avait été payé par le groupe sidérurgique italien Duferco pour des activités de consultance en République démocratique du Congo. 
Une enquête judiciaire menée par le juge d’instruction bruxellois Michel Claise a établi que ces paiements se chiffraient à 240 000 euros par trimestre. L’ancien ministre wallon de l’Economie, aujourd’hui âgé de 70 ans, a été inculpé pour corruption et blanchiment d’argent. Il est suspecté d’avoir transmis des enveloppes d’argent liquide à de hauts dirigeants congolais. En Suisse et au Liechtenstein, la justice belge aurait constaté que Kubla s’était constitué un magot secret d’environ 5 millions d’euros. Cette somme aurait entretemps fondu comme neige au soleil. C’est précisément pour éviter que Serge Kubla se déclare insolvable que la justice a décidé de saisir une partie de ses biens immobiliers, estime le journaliste de Médor Philippe Engels. 
A propos du cas Kubla, Médor cite encore un haut magistrat : « Ce type de saisie est relativement courante dans les dossiers de criminalité financière, dit-il sous le couvert de l’anonymat. Mais, de mémoire, je n’ai pas le souvenir d’une telle mesure à l’égard d’une personnalité politique de premier plan. Vu l’impunité qu’on reproche à la justice, il s’agit d’un geste marquant. » 

 

Le trimestriel d’enquêtes et d’investigation consacrera une enquête complète sur « l’affaire Duferco » dans son numéro 9 à paraître le 6 décembre. 
Numéro encore disponible par abonnement avant sa sortie en librairie : www.medor.coop/commander