On n’en a pas fini Médor remet le nez dans ses articles passés

Jan de Nul, plus Luxembourgeois que jamais

Droit de suite enquête Médor n°8 – automne 2017

En septembre 2017, l’enquête de Médor sur Jan De Nul soulevait que la société alostoise avait déménagé depuis bien longtemps au Luxembourg. Dans son travail autour des LuxFiles, en mars dernier, Le Soir mentionnait, avant de publier un correctif, que le groupe bénéficiait d’une société boîte aux lettres au Luxembourg. Via son directeur au Grand-Duché, David Lutty, Jan De Nul a démenti avec vigueur dans le journal Le Quotidien, en insistant : ils sont bel et bien actifs là-bas, même si 400 de leurs 500 employés estampillés luxembourgeois sont en fait des marins présents sur les navires. Lutty a ajouté que les motivations de s’installer au Luxembourg, au milieu des années 90, n’étaient pas fiscales. En 2011, alors qu’il inaugurait les nouveaux bureaux du Jan De Nul Group à Capellen, Jan Pieter De Nul, son patron déclarait, selon le site Paperjam.lu, ne pas regretter la « complexité administrative » belge. Actuellement, Jan De Nul drague notamment à Monaco, pour rattraper des terres sur la mer Méditerranée. Le prix des lopins, selon L’Écho : de 50 000 à 100 000 € le mètre carré.

Jan De Nul cité dans un scandale de corruption en Argentine

Médor était déjà sous presse lorsque le journal argentin Clárin a publié une vaste enquête sur les dessous de table versés par des entreprises de construction sous les présidences de Néstor et ensuite Christina Kirchner. Ainsi, le patron d’une société nommée Emepa, Gabriel Romero, est accusé du payement d’un pot-de-vin de 600 000 dollars américains, en 2010, afin d’obtenir une prolongation sans appel d’offre du contrat entre Hidroviá S.A et le gouvernement argentin, dirigé à l’époque par Christina Kirchner. Hidróvia S.A est détenue à parts égales par Emepa et Jan De Nul et détient une concession de dragage sur un gigantesque système de voies navigables sur les rivières Parana et Plate.

 

Selon un communiqué de presse de Jan De Nul, des perquisitions ont eu lieu aux bureaux de Romero, qui n’occupe plus de fonctions dirigeante au sein d’Hidróvia, et d’un de ses collaborateurs, qui ont été entendus par la police. Côté Jan De Nul, on a rien vu, rien entendu, estimant qu’il s’agit là d’une affaire qui concerne son partenaire, pas la société belge (ou plutôt luxembourgeoise, cf. ci-dessus). "Aucune arrestation ou citation à comparaître ne vise les employés de Jan De Nul", a déclaré l’entreprise.

 

Hidrovia est un système de navigation d’envergure, sur les rivières Parana et Plate, et Hidróvia S.A s’occupe du dragage sur une longueur colossale d’environ 1500 kilomètres. En 2010, le contrat avait été renouvelé pour la deuxième fois (« comme l’accord initial en donnait la possibilité », précise Jan De Nul), jusqu’en 2012 et avait d’ailleurs étendu la surface à draguer de 650 nouveaux kilomètres.