Éditorial

Que fait la police ?

Sur la couverture de ce numéro, on ne voit qu’elles. Les lettres. Ou, plus précisément, les polices de caractères. Elles surgissent, vous sautent au visage ou vous font sobrement la cour, évoquent des temps disparus ou des territoires voisins. Chaque Médor est un conservatoire de la diversité typographique. Une démarche qui, pour nous, dépasse largement la coquetterie visuelle. Dans un monde globalisé, la standardisation graphique a tendance à uniformiser nos imprimés. Dans le même temps, disposer gratuitement d’une grande variété de polices typographiques est un luxe contemporain insoupçonné, rendu possible par l’informatique et internet.

Au début de l’imprimerie, et tant qu’on utilisait des caractères en plomb, acquérir une nouvelle police représentait un coût important pour les imprimeurs. Ceux qui en avaient les moyens n’hésitaient pas à les étaler comme signes extérieurs de richesse, dans leur vitrine ou en première page de leurs publications. C’est ce que nous faisons donc à notre tour, avec moult frime, sur cette couverture. Toutes les polices qui y figurent ont été collectées minutieusement par nos graphistes et typographes, avec deux critères principaux : leur lien culturel ou historique avec la Belgique et leur caractère « libre ». Le titre « Duferco » vous...