Entretien

Ligue des droits humains. Libertés en péril

Rencontre avec Olivia Venet et Alexis Deswaef

L’avocat Alexis Deswaef a présidé la Ligue des droits de l’homme pendant six ans. Il était là avant les attentats qui ont frappé Paris et Bruxelles. Il a vu ce qu’était un gouvernement avec ou sans la N-VA. « On est passé à l’austéritaire », dit-il. Serrage de vis budgétaire et sécuritaire. Avocate elle aussi, Olivia Venet a succédé à son collègue il y a un an. Avec le passage de flambeau, la Ligue a remplacé dans son nom les « droits de l’homme » par les « droits humains ». Une manière de rappeler que son combat est aussi féminin et collectif. « On ne défend pas seulement les hommes blancs, de 50 ans et portant la cravate », sourit-elle. Avec l’ancien et la nouvelle présidente, Médor aborde la question des droits et des libertés sur le temps long. À moins qu’il y ait urgence ? « C’est la première fois depuis longtemps qu’un gouvernement ose toucher aux droits fondamentaux. »

Sous le gouvernement sortant, on a subi les attentats terroristes, les militaires sont descendus en rue, la collecte des données personnelles s’est renforcée. Passe-t-on dans une autre forme de société, celle de la surveillance et de la sécurité ?

Alexis Deswaef : On y est déjà. En 2014, dès l’arrivée de la N-VA au pouvoir, le ministère de l’Intérieur et de l’Égalité des chances a changé de nom. Il est devenu le ministère « de la Sécurité et de l’Intérieur ». Jan Jambon s’est présenté en Flandre comme le « Veiligheidsminister »1. Cela sonne bien à l’oreille de...